Concilier travail et PMA n’est pas toujours simple : échographies, prises de sang, ponction, transfert… le parcours d’assistance médicale à la procréation impose de nombreux rendez-vous, souvent en semaine et parfois à la dernière minute. Bonne nouvelle : la loi française protège les salariés engagés dans un parcours de PMA, avec des autorisations d’absence et une protection contre les discriminations, encore renforcées en 2025. Cet article fait le point sur vos droits et sur les bons réflexes pour bien s’organiser entre travail et PMA.
Sommaire
Des autorisations d’absence pour les actes médicaux
C’est le socle du dispositif : l’article L1225-16 du Code du travail prévoit que la personne qui suit un protocole de PMA bénéficie d’une autorisation d’absence pour se rendre à tous les actes médicaux nécessaires à ce parcours.
- Ces absences sont de droit : l’employeur ne peut pas s’y opposer.
- Elles n’entraînent aucune diminution de la rémunération.
- Elles sont assimilées à du temps de travail effectif (pour les congés payés et l’ancienneté).
- Elles ne sont pas imputées sur les congés payés.
- Aucune condition d’ancienneté n’est exigée.
Pour la personne qui suit le protocole, le nombre d’absences n’est pas limité : toutes les absences justifiées par les actes médicaux du parcours sont couvertes. La durée prise en compte inclut le temps de l’examen et le trajet aller-retour.
Ce qui a changé avec la loi du 30 juin 2025
La loi n° 2025-595 du 30 juin 2025 a sensiblement renforcé ces droits. Auparavant, l’autorisation d’absence pour l’ensemble des actes était principalement pensée pour la femme bénéficiant de la PMA. Désormais :
- L’autorisation d’absence pour les actes nécessaires est étendue à tous les salariés engagés dans un parcours de PMA, femmes ou hommes.
- La protection contre les discriminations est étendue à tous les salariés engagés dans un projet parental (PMA ou adoption).
- Ces droits s’appliquent aussi bien dans le secteur privé que dans la fonction publique.
Le conjoint aussi a des droits
Le parcours de PMA n’est pas porté par une seule personne. La loi le reconnaît : le conjoint (marié, pacsé ou en concubinage) bénéficie d’une autorisation d’absence pour accompagner son ou sa partenaire à trois des examens ou actes médicaux nécessaires, pour chaque protocole.
Point important : ce droit se renouvelle à chaque nouveau protocole. Si une tentative échoue et qu’un nouveau protocole débute, le conjoint dispose à nouveau de ses trois autorisations d’absence. Ces absences sont, elles aussi, sans perte de rémunération.
La protection contre la discrimination
La loi interdit toute discrimination fondée sur l’engagement dans un parcours de PMA. Concrètement, un employeur ne peut pas prendre en compte cette situation pour :
- Refuser une embauche ou une période d’essai ;
- Rompre un contrat de travail ;
- Prononcer une sanction, une mutation ou écarter d’une évolution de carrière.
Toute décision discriminatoire fondée sur la PMA est nulle et peut donner lieu à des dommages et intérêts, voire à une réintégration. En cas de litige, la charge de la preuve pèse sur l’employeur, qui doit démontrer que sa décision repose sur des motifs objectifs étrangers à toute discrimination ; le doute profite au salarié.
Confidentialité : que dire à son employeur ?
Faut-il informer son employeur de son parcours de PMA ? La réponse est claire : non, ce n’est pas une obligation. Le motif médical relève de la vie privée et du secret médical.
En pratique, pour justifier une absence, le salarié remet un certificat médical mentionnant l’heure du rendez-vous (et éventuellement sa durée et le temps de trajet), sans avoir à en préciser la raison. Les informations transmises étant des données de santé sensibles, l’employeur est tenu à une obligation de confidentialité (RGPD).
Bien s’organiser au quotidien
Au-delà des droits, quelques réflexes pratiques aident à vivre plus sereinement la conciliation entre travail et PMA :
- Privilégier les créneaux de monitorage tôt le matin quand c’est possible, pour limiter l’impact sur la journée de travail.
- Demander systématiquement un certificat ou une attestation de présence au centre, pour chaque rendez-vous.
- Anticiper les périodes clés (stimulation, ponction, transfert), plus denses en rendez-vous.
- Envisager un arrêt de travail si le protocole est lourd ou fatigant : en parler avec le médecin.
- S’appuyer sur les ressources existantes : associations de patients, médecine du travail, service RH bienveillant.
Questions fréquentes
Ai-je droit à des absences pour ma PMA ?
Dois-je dire à mon employeur que je fais une PMA ?
Mon conjoint peut-il s’absenter pour m’accompagner ?
Mon employeur peut-il me sanctionner à cause de ma PMA ?
Sources scientifiques et institutionnelles
- Légifrance. Article L1225-16 du Code du travail — autorisations d’absence (AMP). → legifrance.gouv.fr
- Service Public. Discriminations au travail — du nouveau pour les salariés engagés dans un parcours de PMA ou d’adoption (loi du 30 juin 2025). → service-public.gouv.fr
- Légifrance. Loi n° 2025-595 du 30 juin 2025 visant à protéger les personnes engagées dans un projet parental des discriminations au travail. → legifrance.gouv.fr
- Code du travail, art. L1225-3-1 (protection contre les discriminations — AMP). → legifrance.gouv.fr
Dernière mise à jour : juillet 2026. Article actualisé dès la publication de nouvelles données officielles.



