Les dosages hormonaux réalisés en début de cycle sont une étape clé du bilan de fertilité féminine avant une FIV. Deux d’entre eux jouent un rôle central : la FSH et l’estradiol, mesurés le même jour et interprétés ensemble pour estimer la réponse ovarienne à venir.
Ces dosages hormonaux ne se lisent jamais isolément. La FSH sans l’estradiol, ou l’un et l’autre sans l’âge de la patiente ni l’AMH, n’ont qu’une valeur limitée. C’est leur mise en cohérence qui compte.
Pourquoi doser les hormones à J3 ?
Le début du cycle, entre le 2ᵉ et le 4ᵉ jour des règles, est le moment de référence pour ces dosages hormonaux. À ce stade, l’activité ovarienne est « au repos » : les valeurs mesurées reflètent l’état de base des ovaires, avant que la croissance folliculaire ne les modifie. C’est ce point de départ stable qui rend les résultats comparables d’un cycle à l’autre et d’une patiente à l’autre.
Les marqueurs mesurés en début de cycle
La FSH au 3ᵉ jour du cycle
Contrairement à l’AMH, la FSH doit impérativement être dosée au 3ᵉ jour du cycle : c’est un facteur plus fluctuant, qui doit être interprété en fonction de l’âge. Au troisième jour, les valeurs normales se situent entre 3 et 6,5 UI/L.
Les valeurs supérieures à 10 UI/L sont à interpréter avec attention, car la FSH plasmatique dépend beaucoup de l’estradiolémie. Une FSH élevée traduit souvent un ovaire qui doit « forcer » davantage pour recruter des follicules, signe d’une réserve qui diminue.
Lire la FSH au 3ᵉ jour du cycle
| FSH à J3 | Interprétation habituelle |
|---|---|
| 3 – 6,5 UI/L | Valeurs normales, réponse ovarienne attendue satisfaisante. |
| 7 – 10 UI/L | Zone intermédiaire, à surveiller et à croiser avec l’AMH. |
| > 10 UI/L | À interpréter avec attention : dépend fortement de l’estradiolémie et de l’âge. |
L’estradiol de base
En début de cycle, l’estradiol (ou œstradiol) doit normalement être inférieur à 50 pg/mL. Son taux témoigne de la qualité de la sécrétion ovarienne. Trop élevé ou trop faible, il devra être interprété en fonction des autres paramètres biologiques et cliniques.
Un estradiol de base anormalement élevé peut « masquer » une FSH faussement rassurante : l’estradiol freine la FSH par rétrocontrôle. C’est précisément pour cela que les deux dosages hormonaux vont de pair.
Pourquoi lire FSH et estradiol ensemble
Interpréter la FSH sans l’estradiol expose à des erreurs. Une FSH « normale » associée à un estradiol élevé peut en réalité cacher une réserve ovarienne diminuée : l’estradiol, en freinant l’hypophyse, tire la FSH vers le bas. À l’inverse, une FSH modérément élevée avec un estradiol bas s’interprète différemment.
C’est la raison pour laquelle ces deux dosages hormonaux sont toujours prélevés sur le même échantillon, à J3, et lus conjointement par le médecin.
Le couple FSH – AMH
La FSH et l’AMH explorent la même question — la réserve ovarienne — mais sous deux angles complémentaires. L’AMH, très stable au cours du cycle, reflète le stock de petits follicules ; la FSH, plus fluctuante, traduit l’effort hypophysaire du moment. Leur concordance renforce le diagnostic ; leur discordance invite à la prudence et à un contrôle.
Ces dosages hormonaux sont souvent complétés par le compte des follicules antraux à l’échographie, qui apporte une troisième mesure de la réserve ovarienne.
Les autres marqueurs du bilan
Le bilan hormonal de début de cycle ne se limite pas à la FSH et à l’estradiol. Selon le contexte, d’autres dosages hormonaux sont demandés :
- La LH : son rapport avec la FSH aide notamment à évoquer un syndrome des ovaires polykystiques.
- La prolactine : une élévation peut perturber l’ovulation et doit être explorée.
- La TSH : l’équilibre thyroïdien influence la fertilité et le déroulement d’une grossesse.
- La progestérone : dosée plutôt en seconde partie de cycle, elle confirme l’ovulation.
Questions fréquentes
Pourquoi la FSH doit-elle être dosée au 3ᵉ jour du cycle ?
Une FSH élevée signifie-t-elle que je ne peux pas avoir d’enfant ?
Quelle est la différence entre la FSH et l’AMH ?
Faut-il être à jeun pour ces dosages hormonaux ?
Un estradiol de base élevé peut-il fausser la FSH ?
- ESHRE Reproductive Endocrinology Guideline Group. Ovarian Stimulation for IVF/ICSI.
- Haute Autorité de Santé. Recommandations sur le bilan d’infertilité du couple.
- Broer S.L. et al. The role of antimüllerian hormone in prediction of outcome after IVF. Human Reproduction Update. → DOI.
- Agence de la biomédecine. Données et rapports sur l’assistance médicale à la procréation.



