La courbe de température est un moyen simple qui permet à chaque femme de mieux connaître son cycle, avec ses variations, et de repérer les moments les plus favorables pour débuter une grossesse. Elle repose sur un principe physiologique : après l’ovulation, la température basale du corps s’élève légèrement et durablement.
Facile à mettre en place et sans coût, la courbe de température reste un outil pédagogique précieux. Il faut toutefois bien en comprendre l’intérêt réel — et ses limites — pour l’utiliser à bon escient.
À quoi sert la courbe de température ?
Le but de la courbe de température est de déterminer avec précision le moment de l’ovulation afin d’avoir des rapports autour de cette date, à plus ou moins deux jours. C’est aussi un bon moyen d’apprécier la qualité de son cycle. Une courbe normale s’inscrit dans une période aussi proche que possible de 28 jours, avec une ovulation autour du 14ᵉ jour.
Au-delà de la conception, la courbe aide à objectiver un cycle : sa régularité, la durée de chaque phase, la présence ou non d’une ovulation. Ces informations sont utiles en consultation de fertilité.
Comment prendre sa température basale
La fiabilité de la courbe de température dépend entièrement de la rigueur du relevé. Quelques règles simples s’imposent :
- Prendre sa température le matin, avant de se lever, toujours dans les mêmes conditions et avec le même thermomètre.
- Respecter une durée de mesure identique (environ 3 minutes avec un thermomètre à liquide ; suivre la notice pour un modèle électronique).
- Mesurer toujours par la même voie (rectale de préférence, la plus stable).
- Noter les jours de règles et, éventuellement, les rapports sexuels.
- Ne pas tenir compte d’une courbe relevée pendant une maladie fébrile : la fièvre la rend ininterprétable.
Lire une courbe biphasique
Une courbe de température normale est dite « biphasique » : elle comporte deux plateaux. Un premier plateau bas correspond à la phase folliculaire, avant l’ovulation. Puis survient une augmentation significative et brutale de la température basale, de l’ordre de 0,3 à 0,5 °C, qui installe un second plateau, haut, pendant la phase lutéale.
Une courbe de température biphasique « idéale »
Cette montée s’explique par la progestérone. Après l’ovulation, le corps jaune « pseudo-gestatif » sécrète cette hormone, qui possède un effet thermogène et fait grimper la température. En fin de cycle, en l’absence de grossesse, le corps jaune régresse : le taux de progestérone chute, la température redescend et les règles surviennent. Le premier jour des règles marque le premier jour du cycle suivant.
Repérer l’ovulation
Sur la courbe, l’ovulation se situe juste avant le décalage thermique. C’est là que réside la principale limite de la méthode : le décalage confirme l’ovulation une fois qu’elle a eu lieu. La courbe de température est donc un outil rétrospectif — elle atteste a posteriori qu’une ovulation s’est produite, mais elle ne la prédit pas à l’avance.
Lire sa courbe : les quatre grands profils
Courbe et grossesse débutante
Si le cycle est suivi d’une grossesse, la température basale reste à un niveau élevé, principalement en raison du taux soutenu de progestérone. Un plateau haut qui se prolonge au-delà de 16 à 18 jours est un signe évocateur de grossesse débutante.
L’hormone spécifique de la grossesse, l’hCG, devient détectable très tôt : dès une dizaine de jours après la fécondation par un test sanguin, un peu plus tard par un test urinaire. La courbe ne remplace donc pas un test, mais elle peut mettre la puce à l’oreille.
Les limites de la méthode
Il faut être lucide sur ce que la courbe de température peut et ne peut pas faire :
- Elle est rétrospective : elle ne permet pas de programmer un rapport « au bon moment » de façon fiable.
- Elle est sensible aux perturbations : fièvre, nuit courte, décalage horaire, alcool ou réveil tardif faussent le relevé.
- Elle demande de la régularité sur plusieurs cycles pour devenir vraiment lisible.
- Elle ne diagnostique aucune cause d’infertilité : elle oriente, sans se substituer à un bilan médical.
Courbe de température et PMA
En parcours de PMA, la courbe de température garde un rôle modeste mais concret. Tenue sur deux ou trois cycles avant la première consultation, elle offre au médecin un aperçu rapide de la régularité des cycles et de l’existence d’une ovulation. C’est une information de départ, complétée ensuite par les dosages hormonaux et l’échographie, bien plus précis.
Une fois la prise en charge engagée, le suivi médical prend le relais : la courbe cède la place au monitorage, plus fiable pour piloter un traitement.
Questions fréquentes
La courbe de température permet-elle de prévoir l’ovulation ?
De combien monte la température après l’ovulation ?
Combien de temps garder une température élevée peut signaler une grossesse ?
À quel moment prendre sa température ?
Une courbe monophasique est-elle inquiétante ?
- American College of Obstetricians and Gynecologists (ACOG). Fertility Awareness-Based Methods of Family Planning.
- Haute Autorité de Santé. Documents sur le suivi du cycle et l’infertilité du couple.
- Su H.W. et al. Detection of ovulation, a review of currently available methods. Bioengineering & Translational Medicine. → DOI.
- Agence de la biomédecine. Information grand public sur la fertilité et la procréation.



