Les résultats de la PMA pays par pays en Europe (2026)

30 %
Taux cumulé moyen FIV en France (ABM 2021–2022)
55–60 %
Taux de grossesse FIV avec don d’ovocytes en Espagne par transfert
37 %
Taux de grossesse TEC (transfert embryon congelé) — Europe ESHRE 2022
1,1 M
Cycles ART réalisés en Europe en 2021 (ESHRE EIM — +20 % vs 2020)

Les résultats de la PMA par pays varient considérablement selon le cadre réglementaire, le volume d’activité des centres et les techniques pratiquées. Ainsi, la France affiche un taux cumulé de 30 % par cycle de ponction (ABM 2021-2022), tandis que les cliniques espagnoles annoncent des taux de grossesse de 55 à 60 % pour un don d’ovocytes. Toutefois, ces chiffres ne mesurent pas la même chose — et les comparer sans précaution peut induire en erreur. Cet article décrypte les résultats PMA pays par pays en Europe, explique les indicateurs utilisés et aide à choisir la destination la mieux adaptée à chaque profil.

Les indicateurs à comprendre avant de comparer les résultats PMA par pays

Pour interpréter correctement les résultats PMA par pays, il convient d’abord de distinguer trois indicateurs fondamentaux que les cliniques utilisent différemment : le taux de grossesse biochimique (simple élévation du bêta-hCG), le taux de grossesse clinique (embryon visible à l’échographie avec activité cardiaque), et le taux de naissance vivante (seul indicateur qui reflète réellement l’objectif des patients). En effet, un taux de grossesse clinique peut être 10 à 15 points supérieur au taux de naissance vivante en raison des fausses couches. Par conséquent, comparer un chiffre exprimé en grossesses cliniques avec un autre exprimé en naissances vivantes fausse la comparaison. De même, le taux ‘par transfert’ et le taux ‘par tentative’ (avec ponction) ne mesurent pas la même réalité et ne sont pas comparables directement.

⚠️ Les 3 pièges classiques de la lecture des statistiques PMA

  • Grossesse clinique ≠ naissance vivante : un taux de 60 % peut cacher 10 à 15 % de fausses couches
  • Par transfert ≠ par ponction : un transfert suppose qu’il y avait des embryons disponibles — pas toujours le cas
  • Âge non précisé : des résultats calculés sur des patientes jeunes ou sur des receveuses de don d’ovocytes gonflent artificiellement les statistiques

Résultats PMA en France — les données officielles ABM 2025

En France, les résultats PMA par pays s’appuient sur les données de l’Agence de la Biomédecine (ABM), qui publie chaque année un rapport médical et scientifique consolidé. Selon les dernières données disponibles (activité 2021-2022, publication avril 2025), la moyenne nationale affiche un taux cumulé de 30 % — c’est-à-dire que 30 % des patientes accouchent après avoir utilisé tous les embryons produits lors d’un cycle de ponction. Ce taux dépasse 38 % dans les meilleurs centres français, comme la Polyclinique Jean Villar (39,8 %), l’AP-HP Jean-Verdier (39,5 %) ou la Clinique de la Sagesse à Rennes (38,2 %).

Concrètement, le taux d’accouchement par tentative est de 18,9 % en FIV/ICSI et de 24,3 % pour les transferts d’embryons congelés (TEC). Il faut néanmoins garder à l’esprit que ces chiffres sont calculés sur l’ensemble de la population traitée — dont les femmes âgées de plus de 40 ans — ce qui les rend légèrement inférieurs à ceux des centres étrangers. Ces derniers traitent en effet souvent un profil de patientèle plus sélectionné, avec une proportion plus élevée de femmes jeunes et de dons d’ovocytes.

Résultats PMA en Espagne — premier pays européen en volume

L’Espagne publie les résultats PMA par pays les plus complets d’Europe grâce au registre national de la SEF, qui recense l’activité de plus de 200 centres privés. Avec 168 000 cycles réalisés en 2023, l’Espagne représente environ 15 % du volume européen total. Surtout, les résultats pour un don d’ovocytes avec transfert frais atteignent 55 à 60 % de grossesse clinique par transfert — un niveau nettement supérieur à la moyenne européenne, en grande partie grâce à la disponibilité de donneuses jeunes (moins de 28 ans en moyenne) et au recours croissant au PGT-A.

Pour la FIV avec propres ovocytes, les grandes cliniques espagnoles affichent des résultats de 35 à 40 % de grossesse clinique par transfert pour les femmes de moins de 38 ans — comparables aux meilleurs centres français. Toutefois, l’Espagne se distingue surtout pour les patientes au-delà de 40 ans, grâce au PGT-A disponible à la demande et à l’accès sans délai aux donneuses.

Belgique, Danemark, Grèce, République Tchèque — résultats PMA par pays

🇫🇷 France — système public universel
Prise en charge SS à 100 % jusqu’à 43 ans · 4 FIV + 6 IAC remboursées · Délais parfois longs · Qualité homogène · Ouvert à toutes les femmes depuis 2021
🇪🇸 Espagne — leader privé mondial
Premier pays au monde en volume de don d’ovocytes · 168 000 cycles en 2023 (SEF) · Don anonyme · PGT-A accessible · ROPA autorisée · Délais courts · Non remboursé
🇧🇪 Belgique — excellence médicale
Centres de réputation mondiale (CHU Bruxelles) · Remboursement partiel belge · Francophone natif · PGT-A disponible · Accès aux origines à 18 ans
🇬🇷 Grèce — rapport qualité-prix
Tarifs compétitifs (-20 à 30 % vs Espagne) · Don anonyme · Donneuses rapidement disponibles (don rémunéré) · Réservé aux couples hétérosexuels
🇨🇿 Rép. Tchèque — économique
Tarifs les plus bas d’Europe (-30 à 50 % vs Espagne) · Anonymat total · PGT-A disponible · Réservé aux couples hétérosexuels · Présence du conjoint obligatoire
🇩🇰 Danemark — spécialiste don de sperme
Cryos International (plus grande banque de sperme mondiale) · PGT-A disponible · Accès aux origines prévu · Réputé pour les couples ♀♀ et femmes seules

Tableau comparatif des résultats PMA par pays en Europe

Résultats PMA par pays — tableau comparatif 2024–2026
Données issues des registres nationaux, de la SEF (Espagne), de l’ESHRE et de l’ABM (France). Les taux sont exprimés en taux de grossesse clinique ou de naissance vivante selon les pays — voir note.
Pays FIV propres
ovocytes
TEC
(embryon congelé)
FIV-DO
(don d’ovocytes)
Âge limite
femme
Couples ♀♀
/ fem. seules
🇫🇷 France 30 % cumulé
18,9 %/tentative
24,3 % Remboursée SS 43 ans (SS) ✓ Depuis 2021
🇪🇸 Espagne ~35–40 % ~40–45 % 55–60 % 50 ans ✓ Oui
🇧🇪 Belgique ~30–35 % ~35–40 % 50–55 % ~45 ans ✓ Oui
🇬🇷 Grèce ~35–42 % ~38–44 % 50–58 % ~50 ans ✗ Hétéro seulement
🇩🇰 Danemark ~28–34 % ~35–40 % 45–52 % ~46 ans ✓ Oui
🇨🇿 Rép. Tchèque ~30–36 % ~35–40 % 48–55 % ~49 ans ✗ Hétéro seulement
🇵🇹 Portugal ~30–35 % ~33–38 % 48–55 % ~50 ans ✓ Oui
⚠️ Ces chiffres sont des fourchettes indicatives. Les taux de succès varient selon les cliniques, l’âge de la patiente, la cause de l’infertilité et la technique utilisée. Certains pays publient des taux de grossesse clinique, d’autres des taux de naissance vivante — ces deux indicateurs ne sont pas comparables directement. Pour une comparaison fiable entre centres espagnols, consulter le registre officiel de la SEF (sefertilidad.net).
Sources : ABM (France, 2021-2022 pub. 2025) · SEF Espagne · ESHRE EIM 2022 · IVI France

Résultats PMA par technique : FIV, TEC et don d’ovocytes

Au-delà des différences entre pays, les résultats PMA par technique révèlent des écarts encore plus significatifs. Ainsi, le don d’ovocytes avec ovocytes frais atteint un taux de grossesse clinique de 53 % par transfert en Europe (ESHRE 2022) — soit presque deux fois le taux d’une FIV classique avec propres ovocytes. De plus, le transfert d’embryon congelé (TEC) dépasse désormais les résultats du transfert frais, car l’endomètre non soumis à la stimulation ovarienne présente de meilleures conditions d’implantation. C’est pourquoi le freeze all (congélation systématique de tous les embryons) se généralise dans les centres de référence.

Résultats PMA par technique — données ESHRE 2022 et ABM France
Taux de grossesse clinique par transfert embryonnaire selon la technique utilisée (Europe 2022)
Europe ESHRE 2022 — taux de grossesse clinique par transfert
FIV propres ovocytes
(transfert frais)
Transfert frais
~26–28 %
ICSI propres ovocytes
(transfert frais)
Transfert frais
~23–25 %
TEC — embryon congelé
(transfert différé)
Meilleur résultat
37 %
FIV-DO ovocytes frais
(don d’ovocytes frais)
Don d’ovocytes frais
53 %
FIV-DO ovocytes vitrifiés
(don d’ovocytes congelés)
Don ovocytes vitrifiés
45,5 %
France (ABM 2021–2022) — pour comparaison
FIV/ICSI par tentative
(ABM 2022)
Par tentative
18,9 %
TEC France
(ABM 2022)
Transfert congelé
24,3 %
Taux cumulé FIV France
(toutes tentatives cumulées)
Taux cumulé moyen
30 %
💡 Pourquoi le TEC dépasse souvent le transfert frais ? En transfert congelé, l’utérus n’est pas soumis aux effets de la stimulation ovarienne — l’endomètre est dans de meilleures conditions d’accueil. C’est pourquoi le freeze all (congélation de tous les embryons avant transfert) se généralise, notamment pour les patientes à risque de SHO ou après un PGT-A.
Sources : ESHRE EIM 2022 (Human Reproduction 2024) · ABM France (données 2021-2022, pub. 2025) · Smeenk et al.

L’impact de l’âge sur les résultats PMA : le facteur déterminant

Quel que soit le pays, l’âge de la femme reste le facteur pronostique principal pour les résultats PMA. Avant 35 ans, les taux de grossesse par transfert avec ses propres ovocytes oscillent entre 35 et 42 %. Dès 37 ans, toutefois, ils commencent à décliner de façon marquée. Au-delà de 40 ans, ils tombent à 15–22 % selon les registres européens. En revanche, avec un don d’ovocytes, l’âge de la receveuse n’influence quasiment plus les résultats — c’est l’âge de la donneuse (généralement inférieur à 28 ans) qui détermine la qualité ovocytaire.

38–42 %
< 35 ans
FIV propres ovocytes
26–33 %
35–39 ans
FIV propres ovocytes
15–22 %
40–43 ans
FIV propres ovocytes
50–60 %
Tout âge
Don d’ovocytes

Comment interpréter les résultats PMA par pays : les bonnes questions à poser

Comparer les résultats PMA par pays exige de poser les bonnes questions à chaque clinique. En premier lieu, demandez systématiquement le taux de naissance vivante et non le taux de grossesse clinique. Ensuite, exigez les résultats ventilés par tranche d’âge — un centre qui traite essentiellement des femmes de moins de 35 ans affiche naturellement de meilleurs résultats. Par ailleurs, vérifiez si les chiffres sont audités par un tiers indépendant (Bureau Veritas, SGS) ou simplement auto-déclarés. Enfin, consultez les registres officiels : le Registro Nacional de Actividad de la SEF pour l’Espagne et les données de l’ABM pour les centres français.

Questions fréquentes sur les résultats PMA par pays

Les résultats PMA affichés par les cliniques sont-ils fiables ?

Pas toujours. De nombreuses cliniques affichent un « taux de réussite de 60 % » sans préciser s’il s’agit d’un taux de grossesse biochimique, clinique ou de naissance vivante — trois indicateurs très différents. Par ailleurs, ces chiffres ne précisent pas toujours l’âge des patientes traitées, la technique utilisée, ni le nombre total de cas. Pour les cliniques espagnoles, le registre officiel de la SEF (sefertilidad.net) publie des données vérifiées. Pour la France, les résultats par centre sont disponibles sur le site de l’ABM.

Pourquoi les résultats PMA en Espagne semblent-ils meilleurs qu’en France ?

Plusieurs explications coexistent. D’abord, les cliniques espagnoles publient souvent des taux de grossesse par transfert (plus élevés), tandis que la France publie des taux d’accouchement par tentative (plus bas mais plus représentatifs). Ensuite, l’Espagne dispose d’un volume très élevé de cycles — 168 000 en 2023 — ce qui confère à ses centres une expertise significative. Enfin, le recours très répandu au PGT-A dans les cliniques privées espagnoles augmente mécaniquement les taux d’implantation par transfert.

Quel est le meilleur pays pour une PMA selon mon profil ?

La réponse dépend de votre situation. Si vous êtes éligible au remboursement SS français (moins de 43 ans, tentatives disponibles), la France reste la solution la plus économique. Si vous avez besoin d’un don d’ovocytes rapidement, l’Espagne s’impose pour ses délais courts (2 à 8 semaines vs 22 mois en France). Si vous recherchez un PGT-A (bilan chromosomique des embryons), l’Espagne, la Belgique ou la Grèce offrent cet accès sans restriction. Pour un budget limité avec couple hétérosexuel, la République Tchèque présente d’excellents rapports qualité-prix.

Le taux cumulé français de 30 % est-il comparable aux 55 % affichés en Espagne ?

Non, ces deux chiffres mesurent des réalités différentes. Le taux cumulé français de 30 % exprime le pourcentage de patientes qui accouchent après avoir utilisé tous les embryons produits lors d’un cycle de ponction (y compris les transferts différés). Le taux de 55 % affiché par les cliniques espagnoles est généralement un taux de grossesse clinique par transfert d’ovocytes de donneuse — une technique différente, avec de meilleures chances intrinsèques et une patientèle souvent plus jeune. Comparer ces deux chiffres directement n’a pas de sens médical.

À quel âge les résultats PMA chutent-ils significativement ?

La chute est progressive mais s’accélère après 37 ans. Avant 35 ans, les taux de grossesse par transfert avec ses propres ovocytes oscillent entre 35 et 42 %. Entre 35 et 39 ans, ils descendent à 26–30 %. Au-delà de 40 ans, ils tombent à 15–22 %. Après 43 ans, les chances sont inférieures à 5–10 % avec ses propres ovocytes. En revanche, avec un don d’ovocytes, l’âge de la receveuse n’a quasiment plus d’influence sur les résultats — c’est l’âge de la donneuse qui compte. C’est pourquoi le don d’ovocytes offre des résultats stables et élevés (50–60 %) quel que soit l’âge de la receveuse.

Sources

📚 Sources et références

  1. Agence de la Biomédecine (2025). Classement 2025 des 103 centres de PMA en France — données 2021-2022. → fiv.fr
  2. Smeenk J. et al. (2024). ART in Europe 2021 and 2022 — ESHRE EIM Consortium. Human Reproduction. → doi.org
  3. ESHRE Focus on Reproduction (juillet 2025). IVF and IUI pregnancy rates remain stable across Europe — 2022 data. → focusonreproduction.eu
  4. SEF — Sociedad Española de Fertilidad. Registro Nacional de Actividad 2023. → sefertilidad.net
  5. IVI France. Résultats cliniques 2024 (audités SGS). → ivi-fertilite.fr