
Le don d’ovocytes en France permet à des femmes dont les ovocytes sont absents, insuffisants ou de mauvaise qualité, de concevoir un enfant grâce aux ovocytes d’une donneuse bénévole. En France, ce don suit trois principes fondamentaux fixés par la loi de bioéthique : gratuité, volontariat et, depuis septembre 2022, accès aux origines possible à la majorité de l’enfant. Toutefois, les délais d’attente atteignent en moyenne 22 mois en 2025, ce qui pousse de nombreuses receveuses à se tourner vers l’Espagne ou la Grèce, où l’attente se compte en semaines.
Pourquoi recourir au don d’ovocytes en France ?
Le don d’ovocytes en France concerne plusieurs situations médicales précises. En premier lieu, il répond à une insuffisance ovarienne prématurée (IOP) ou à une ménopause précoce. Par ailleurs, les femmes dont les ovocytes sont de mauvaise qualité — en raison de l’âge ou d’une pathologie — en bénéficient également. De même, celles qui risquent de transmettre une maladie génétique grave à leur enfant, ainsi que les patientes ayant vécu des échecs répétés de FIV avec leurs propres ovocytes, peuvent y recourir. Depuis la loi de bioéthique de 2021, toutes les femmes — seules, en couple hétérosexuel ou en couple de femmes — y ont accès sous les mêmes conditions médicales.
Ainsi, les femmes concernées sont celles qui présentent une absence d’ovocytes (ménopause précoce, IOP), une mauvaise qualité ovocytaire liée à l’âge ou à une pathologie, un risque de transmission d’une maladie génétique grave, ou des échecs répétés de FIV avec leurs propres ovocytes.
La Sécurité Sociale prend en charge le don d’ovocytes en France pour les femmes de moins de 43 ans. Au-delà, une FIV-DO à l’étranger peut être envisagée (Espagne : jusqu’à 50 ans).
La loi de bioéthique de 2021 a ouvert le don d’ovocytes aux femmes seules et aux couples de femmes, dans les mêmes conditions médicales. En conséquence, le sperme peut provenir du partenaire ou d’un donneur (double don).
La receveuse doit réaliser un bilan d’entrée complet : sérologies (VIH, hépatites, syphilis, rubéole), bilan hormonal, hystéroscopie ou HSG et entretien psychologique avec un professionnel de l’équipe AMP.
Conditions pour devenir donneuse d’ovocytes
Le don d’ovocytes en France repose sur le volontariat et la gratuité. Ainsi, toute femme répondant aux critères médicaux peut se porter candidate auprès d’un centre AMP agréé. En contrepartie, la Sécurité Sociale prend en charge l’intégralité de ses frais — médicaux comme non médicaux (transport, hébergement, garde d’enfants). Aucune rémunération n’est versée.
La donneuse doit avoir 18 ans révolus et moins de 38 ans au moment du don. Les mineures émancipées ne peuvent pas donner. Par ailleurs, il n’est plus nécessaire d’avoir déjà eu un enfant depuis la loi de 2004.
Un bilan médical préalable obligatoire vérifie l’absence de contre-indication : examen clinique, bilan sanguin complet (hormonal, infectieux), bilan génétique et échographie pelvienne. Ainsi, le médecin s’assure que le don ne représente aucun risque pour la donneuse.
La donneuse doit pouvoir consacrer environ 3 à 4 semaines au processus : consultations, injections quotidiennes à domicile (~10 jours), monitorages biologiques et échographiques, puis la ponction elle-même (demi-journée). En pratique, ce rythme est compatible avec une activité professionnelle normale.
La donneuse signe un formulaire de consentement après avoir reçu une information complète. Elle peut révoquer son accord à tout moment, jusqu’à l’utilisation effective des ovocytes. Depuis septembre 2022, le consentement du conjoint n’est plus exigé.
Procédure du don d’ovocytes en France : parcours donneuse et receveuse
Concrètement, le don d’ovocytes en France implique deux parcours parallèles, coordonnés par le centre AMP. D’un côté, la donneuse suit un protocole de stimulation ovarienne identique à celui d’une FIV. De l’autre, la receveuse prépare son endomètre pour accueillir l’embryon. Les deux cycles sont ensuite synchronisés par l’équipe médicale du centre agréé.
Risques pour la donneuse d’ovocytes
Le don d’ovocytes implique une stimulation ovarienne et une ponction — deux étapes qui comportent des risques réels, bien que généralement limités. Le centre AMP a l’obligation d’informer la donneuse de façon exhaustive avant de recueillir son consentement.
C’est le risque le plus sérieux lié au don d’ovocytes en France. Il survient quand les ovaires répondent de façon excessive à la stimulation. Les formes légères à modérées (ballonnements, douleurs pelviennes) se résolvent spontanément. En revanche, les formes sévères, rares (moins de 1 % des cas), nécessitent une hospitalisation. Les centres adaptent systématiquement les doses de FSH au profil de chaque donneuse pour minimiser ce risque.
La ponction, réalisée sous guidage échographique et anesthésie légère, présente des risques rares : saignements (moins de 1 %), infection pelvienne (risque minimal grâce à l’antibioprophylaxie) et lésion d’un organe adjacent (exceptionnel). L’acte dure 10 à 20 minutes et la donneuse repart le jour même.
Contrairement à une idée reçue, le don d’ovocytes en France ne diminue pas le capital ovarien de la donneuse. En effet, la stimulation récupère des follicules qui auraient naturellement involutés dans le cycle — la réserve ovarienne ne s’en trouve donc pas significativement réduite.
Délais du don d’ovocytes en France — chiffres ABM 2025
Le don d’ovocytes en France souffre d’une pénurie structurelle de donneuses. Selon les données publiées par l’Agence de la Biomédecine le 14 avril 2026, la situation reste très tendue : plus de 2 700 personnes attendaient un don au 31 décembre 2025, pour seulement 1 050 femmes candidates. En comparaison, le délai moyen en Espagne est de quelques semaines — ce qui explique en grande partie l’essor du tourisme médical en fertilité.
Anonymat et accès aux origines pour le don d’ovocytes en France
Jusqu’en 2022, le don d’ovocytes en France était entièrement anonyme dans les deux sens. La loi de bioéthique de 2021, entrée en vigueur le 1er septembre 2022, a profondément modifié ce cadre. Désormais, les enfants nés d’un don peuvent, à leur majorité, accéder à deux catégories de données : des informations non identifiantes (âge, caractéristiques physiques, situation de la donneuse au moment du don) et, s’ils le souhaitent, à l’identité complète de la donneuse.
Cette évolution a eu un impact direct sur le nombre de candidates. En effet, certaines femmes qui auraient accepté un don strictement anonyme ne souhaitent pas que leur identité soit ultérieurement révélée à l’enfant. La Commission d’Accès aux personnes nées d’une AMP avec tiers donneur (CAPADD), placée auprès du Ministère de la Santé, gère ces demandes depuis 2022.
Ce que la loi de bioéthique 2021 a changé pour le don d’ovocytes en France
Désormais, le don d’ovocytes en France est accessible à toutes les femmes, quel que soit leur statut conjugal — dans les mêmes conditions médicales qu’avant.
Depuis le 1er septembre 2022, la donneuse n’a plus besoin de l’accord de son conjoint ou partenaire pour donner ses gamètes.
Ainsi, les enfants nés d’un don peuvent demander l’accès aux données non identifiantes et à l’identité de la donneuse à leur majorité — si elle a consenti à cette transmission.
Le double don (ovocytes + sperme simultanément) est autorisé pour les femmes seules et couples ♀♀ qui ne disposent ni d’ovocytes ni de sperme conjugal utilisable.
Questions fréquentes sur le don d’ovocytes en France
Faut-il avoir déjà eu des enfants pour faire un don d’ovocytes en France ?
Combien de fois peut-on donner ses ovocytes en France ?
Le don d’ovocytes est-il compatible avec une activité professionnelle ?
L’enfant né d’un don d’ovocytes peut-il connaître l’identité de la donneuse ?
Pourquoi les délais du don d’ovocytes en France sont-ils si longs ?
Sources
📚 Sources et références
- Agence de la Biomédecine (14 avril 2026). Résultats d’activité nationale en AMP 2025. → agence-biomedecine.fr
- Dondovocytes.fr. Les conditions du don d’ovocytes en France. → dondovocytes.fr
- Service-public.fr (mis à jour mars 2025). Don d’ovules (ovocytes). → service-public.fr
- Ameli.fr. Don d’ovocytes, de spermatozoïdes et d’embryons. → ameli.fr
- Loi n° 2021-1017 du 2 août 2021 relative à la bioéthique. → legifrance.gouv.fr



