L’AMH, ou hormone antimüllérienne, est aujourd’hui l’un des marqueurs les plus utilisés pour évaluer la réserve ovarienne d’une femme avant une FIV. Produite par les cellules de la granulosa des petits follicules, elle donne une image du « stock » d’ovocytes encore disponible.
Mais l’AMH est un marqueur qu’il faut savoir interpréter avec nuance : elle renseigne sur la quantité, pas sur la qualité, et son taux se lit toujours à la lumière de l’âge de la patiente.
Qu’est-ce que l’AMH ?
Chez la femme, l’AMH est produite par les cellules folliculaires de la granulosa. Plusieurs études ont démontré une corrélation entre sa synthèse et le développement folliculaire au cours d’un cycle. Concrètement, plus une femme dispose de petits follicules en croissance, plus son taux d’AMH est élevé.
Son grand avantage pratique : contrairement à la FSH, l’AMH est stable tout au long du cycle. Elle peut donc être dosée n’importe quel jour, ce qui simplifie beaucoup le bilan.
AMH et réserve ovarienne
On peut considérer aujourd’hui que le niveau d’AMH chez les femmes devant subir une tentative d’AMP représente un facteur prédictif du succès de la ponction ovocytaire. Son taux sanguin est corrélé au nombre de follicules antraux détectés à l’échographie et à l’âge de la patiente — mais pas au taux de FSH ni à l’inhibine B.
L’AMH et le compte des follicules antraux (CFA) donnent des informations équivalentes et complémentaires sur la réserve ovarienne. En revanche, ni l’AMH ni le CFA ne permettent d’apprécier l’aspect qualitatif des ovocytes.
Comment interpréter son taux
On considère qu’un taux d’AMH normal se situe autour de 2,5 à 6 ng/mL, mais la lecture dépend étroitement de l’âge. Une même valeur n’a pas la même signification à 28 ans et à 42 ans.
Interpréter un taux d’AMH
Une étude ancienne avait identifié une valeur seuil de 1,08 ng/mL, en dessous de laquelle les grossesses devenaient exceptionnelles — un repère qui reste d’actualité surtout pour les femmes de plus de 41-42 ans. À l’inverse, les publications plus récentes s’accordent sur un point important : un taux bas d’AMH ne doit pas servir à exclure une femme de moins de 30 ans d’une FIV.
AMH et réponse à la stimulation
L’intérêt majeur de l’AMH est d’anticiper la réponse ovarienne. Elle permet de prévoir les faibles réponses à la stimulation et, à l’inverse, les risques de « dérapage » vers l’hyperstimulation. Le clinicien peut ainsi adapter le protocole et les doses en fonction du résultat de l’AMH, pour viser une réponse ni trop faible, ni excessive.
Une AMH élevée, au-delà de 6 à 7 ng/mL, oriente vers un profil de type ovaires polykystiques et pourrait s’accompagner de cycles anovulatoires — d’où l’importance de la replacer dans le tableau clinique global.
Ce que l’AMH ne dit pas
Il est essentiel de comprendre les limites de ce marqueur. L’AMH reste un indicateur de la réponse ovarienne, qui n’est pas directement corrélé au taux de grossesse. Elle mesure une quantité, pas une qualité, et ne remplace jamais l’évaluation médicale globale.
Ce que l’AMH dit — et ne dit pas
- La quantité de follicules restants (réserve ovarienne)
- La réponse probable à la stimulation
- Le risque d’hyperstimulation
- L’aide au choix du protocole et des doses
- La qualité des ovocytes
- Le taux de grossesse à lui seul
- La fertilité « à coup sûr » d’un mois donné
- La possibilité de concevoir naturellement
Ce qui fait varier l’AMH
Plusieurs facteurs peuvent influencer le taux d’AMH indépendamment de la réserve ovarienne elle-même :
- L’obésité : la baisse de l’AMH observée semble liée à des raisons physiologiques associées à l’obésité, sans traduire nécessairement une réduction de la réserve ovarienne.
- Le tabac : associé à des taux d’AMH plus bas.
- La consommation d’alcool : également corrélée à des variations du taux.
- L’origine ethnique : des différences ont été décrites selon les populations.
Ces éléments rappellent qu’un dosage d’AMH s’interprète toujours en contexte, jamais comme un chiffre isolé.
Questions fréquentes
Un taux d’AMH bas veut-il dire que je suis infertile ?
À quel moment du cycle doser l’AMH ?
Quelle est la différence entre l’AMH et le compte des follicules antraux ?
Peut-on augmenter son taux d’AMH ?
Une AMH élevée est-elle une bonne nouvelle ?
- La Marca A., Sunkara S.K. Individualization of controlled ovarian stimulation in IVF using ovarian reserve markers. Human Reproduction Update. → DOI.
- Broer S.L. et al. Anti-Müllerian hormone: ovarian reserve testing and its potential clinical implications. Human Reproduction Update. → DOI.
- Haute Autorité de Santé. Évaluation de la réserve ovarienne dans le bilan d’infertilité.
- Agence de la biomédecine. Données et rapports sur l’assistance médicale à la procréation.



