La culture prolongée au stade de blastocyste

Dans un certain nombre d’indications le biologiste pourra proposer un transfert embryonnaire à 5 jours.
Pour ce transfert il aura prolongé la culture embryonnaire à un stade plus avancé.
Les embryons transférés seront alors des blastocystes.

Célà peut être interessant dans un certain nombre de cas particuliers comme l’absence de grossesse après plusieurs transferts d’embryon(s).

En face d’un nombre important d’embryons identiques et de bonne qualité, Celà permet de choisir les embryons qui continuent À évoluer aprés 5 jours et donc d’éliminer d’emblée ceux qui, s’ils avaient été transférés à 2 ou 3 jours, n’auraient assurément donné aucun résultat.


Celà permet aussi d’observer visuellement une cause de stérilité : involution ou arrêt de croissance des embryons, généralement dûs à la qualité interne de l’une ou l’autre des gamètes lors de la fécondation.

La culture prolongée devient incontournable aujourd’hui. En 2014 elle etait utilisée dans 25% des tentatives d’AMP et après 40% des décongélations d’embryons.
Cependant, la politique d’utiliser ou non la culture prolongée varie selon les centres :

Certains centres l’utilisent occasionnellement dans certaines circonstances (nombreux embryons rendant le choix difficile) ou systématiquement dans 100% des tentatives.
D’autres l’utilisent uniquement sur les embryons surnuméraires afin de les vitrifier au stade de « blastocyste ».

Il faut remarquer que , d’une part, les 2/3 des embryons mis en culture prolongée atteignent le stade « blastocyste et que, d’autre part, le taux d’implantation d’un blastocyste (J5-6) est plus élevé que celui d’un embryon de 2 ou 3 jours.

Compte tenu de ces résultats et de la mise en oeuvre éfficace de la vitrification des blastocystes, cette technique devrait prendre une place importante dans les années à venir.

Mise au point :
 
Le recours à la culture prolongée, maintenant réalisée dans la quasi-totalité des centres d’AMP, a constamment augmenté au cours des dernières années ).
Toutefois, selon les centres, le recours à cette technique varie de 1% à 100% des tentatives.

Les pratiques de culture prolongée sont très hétérogènes, pouvant intéresser l’ensemble de la cohorte embryonnaire ou, dans certains centres, seulement une partie des embryons (embryons surnuméraires après un transfert précoce, embryons conservés au stade précoce et remis en culture après leur décongélation en vue d’un transfert de blastocyste).

Cette hétérogénéité des pratiques gène l’interprétation des données d’activité. 
De plus en 2016, les données transmises ne permettent pas de comptabiliser les tentatives avec intention de culture prolongée, au cours desquelles aucun blastocyste n’a été obtenu ou que l’on a renoncé à cette culture prolongée.

Cependant,

  • Le taux d’implantation est de 30% par blastocyste transféré « frais » et 21,6% par blastocyste transféré après décongélation,
  • 1,3 blastocystes sont transférés en moyenne par transfert,
  • 54% des blastocystes obtenus sont congelés)

Avec un taux d’accouchement de 31,8% par transfert, la culture prolongée a permis en 2016, la naissance de 7 919 enfants nés vivants auxquels il faut potentiellement ajouter les 464 enfants pour lesquels le statut vital n’a pas été renseigné. Ainsi la part des enfants nés après fécondation in vitro (FIV, ICSI et TEC) issus de la technique de culture prolongée est de l’ordre de 32%.