La PMA en Centre-Val-de-Loire est assurée par cinq centres clinico-biologiques répartis entre Tours, Orléans et Dreux. La région représente 3,5 % des femmes en âge de procréer en France — mais elle réalise bien davantage que sa part sur deux activités spécifiques : le don de spermatozoïdes (6,2 % de l’activité nationale) et surtout l’accueil d’embryons, dont le seul CHRU de Tours concentre 26 % de l’activité nationale. Les données officielles de l’Agence de la biomédecine pour 2023, publiées en avril 2025, documentent une région dont le profil est à rebours de beaucoup d’autres : modeste sur les indicateurs globaux, mais incontournable sur ses spécialités.
Ce qui ressort de ces données est saisissant. Pendant que la FIV standard et les inséminations restent légèrement en dessous de la moyenne nationale, la région attire 16,9 % de patientes venues d’autres régions — soit le double de la moyenne nationale. Ces flux entrants proviennent principalement d’Île-de-France (6,5 %) et des Pays de la Loire (3,3 %). Ils sont la preuve directe que les centres régionaux, en particulier le CHRU de Tours, ont développé une réputation nationale sur des prises en charge que peu d’autres centres maîtrisent : l’accueil d’embryons donneurs et le don de sperme en forte croissance depuis la loi de 2021.
Les données proviennent des tableaux AMP0 à AMP13 du rapport régional Centre-Val-de-Loire publié par l’Agence de la biomédecine (édition 2025, données 2023). Il s’agit de la source officielle la plus récente disponible sur l’activité AMP en France.
Chiffres clés de la PMA en Centre-Val-de-Loire en 2023
Centre-Val-de-Loire · AMP 2023 · Source Agence de la biomédecine
pour 10 000 femmes
pour 10 000 femmes
pour 10 000 femmes
(patientes hors région)
Don de sperme · croissance receveurs
Couples/femmes ayant effectué ≥1 tentative, 2021–2023
×10,6 receveurs en 2 ans — loi bioéthique 2021.
Centre-Val-de-Loire vs France
Tentatives pour 10 000 femmes
Les barres violette et bleue écrasent la moyenne : signature régionale.
5 centres autorisés en Centre-Val-de-Loire : Tours et Orléans en têtes de pont
Le Centre-Val-de-Loire dispose de cinq centres clinico-biologiques autorisés, tous porteurs de la FIV. Contrairement à d’autres régions, aucun laboratoire de biologie médicale de ville n’est autorisé à réaliser la préparation du sperme en vue d’insémination — ce qui concentre l’intégralité de l’activité d’insémination au sein des seuls centres clinico-biologiques. Le CHRU de Tours est de loin le centre le plus complet de la région, avec des autorisations pour toutes les activités : don de sperme, don d’ovocytes, accueil d’embryons, autoconservation médicale et non médicale. Le CHRO d’Orléans a récemment renforcé son offre en ajoutant le don de sperme (2022) et le don d’ovocytes (2023), traduisant une montée en puissance progressive.
Cette organisation bipolaire Tours/Orléans signifie que si vous habitez dans l’Eure-et-Loir, le Loir-et-Cher ou l’Indre, vous serez confrontée à des déplacements significatifs vers l’un ou l’autre pôle pour les techniques spécialisées. Pour une FIV standard, les cinq centres proposent cette activité et le Pôle Santé Léonard de Vinci à Chambray-lès-Tours (banlieue de Tours) représente une alternative pratique au CHRU. Le CH de Dreux est le seul centre autorisé pour l’AMP en contexte viral (VIH et hépatites), bien que les volumes déclarés restent très faibles.
| Centre | Ville | FIV | Don ovocytes | Don sperme | Accueil embryons | Autoconserv. | AMP viral |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| CH de Dreux – Hôpital V. Jousselin | Dreux | ✓ | — | — | — | — | ✓ |
| CHRU de Tours – Hôpital Bretonneau | Tours | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ | Méd. + non méd. | — |
| Pôle Santé Léonard de Vinci | Chambray-lès-Tours | ✓ | — | — | — | Méd. uniquement | — |
| CHRO Hôpital La Source | Orléans | ✓ | ✓ | ✓ | — | Méd. + non méd. | — |
| Polyclinique Les Longues Allées | Saran (Orléans) | ✓ | — | — | — | — | — |
Source : Tableau AMP2, rapport ABM 2025. Le don d’ovocytes au CHRO d’Orléans a démarré en 2023 — activité en montée en charge.
Don de sperme : Centre-Val-de-Loire, 6,2 % de l’activité nationale
Le don de spermatozoïdes est devenu la première spécialité identitaire de la région depuis l’ouverture de la PMA à toutes les femmes en 2021. Le Centre-Val-de-Loire réalise 26,9 tentatives avec sperme de donneur pour 10 000 femmes, contre 15,3 en France — soit 76 % de plus. En valeur absolue, la région concentre 6,2 % de l’activité nationale de don de sperme pour seulement 3,5 % des femmes. Le CHRU de Tours représente à lui seul l’essentiel de ce volume, avec 497 inséminations avec don de sperme en 2023, sur un total régional de 762.
Cette spécialisation s’est construite à grande vitesse. Le nombre de receveurs a explosé de 49 en 2021 à 208 en 2022, puis 520 en 2023 — soit une multiplication par 10,6 en deux ans. La région a également développé le nombre de donneurs acceptés, passant de 18 en 2021 à 30 en 2023. L’attractivité régionale pour le don de sperme est documentée par les flux entrants : des patientes d’Île-de-France, des Pays de la Loire et de Poitou-Charentes se rendent à Tours et Orléans pour des parcours avec don de sperme, signe que la capacité d’accueil régionale est perçue comme supérieure aux régions voisines.
Don de sperme · receveurs et donneurs en Centre-Val-de-Loire
Donneurs acceptés vs couples/femmes receveurs ayant effectué ≥1 tentative, 2021–2023
×10,6 receveurs en 2 ans. La région capte désormais 6,2 % de l’activité nationale de don de sperme.
Accueil d’embryons : Tours, capitale nationale d’une activité rare
L’accueil d’embryons est la technique la plus confidentielle et la plus symboliquement chargée de la PMA française : elle permet à un couple qui a des embryons surnuméraires congelés d’en faire don à un autre couple qui ne peut concevoir avec ses propres gamètes. En 2023, le CHRU de Tours est le seul centre autorisé de la région pour cette activité — et il concentre à lui seul 26 % de l’activité nationale. Avec 1,49 tentative pour 10 000 femmes, le Centre-Val-de-Loire dépasse de sept fois la moyenne française (0,21). En valeur absolue : 60 tentatives en 2023 pour 18 enfants nés — un taux de succès par tentative de 30 %, parmi les meilleurs indicateurs de la PMA.
Accueil d’embryons au CHRU de Tours — couples donneurs et receveurs
Évolution 2021–2023 — unique centre autorisé en CVdL
26 % de l’activité nationale concentrée sur un seul centre. Tours est la première place nationale de l’accueil d’embryons.
FIV et inséminations : une activité standard en progression, légèrement sous la moyenne
Sur les deux activités de base de la PMA, la région est légèrement en dessous de la moyenne nationale. Les fécondations in vitro atteignent 51,5 tentatives pour 10 000 femmes, contre 54,5 en France (-6 %). Les inséminations intra-utérines s’établissent à 38,1 pour 10 000 femmes, contre 40,7 en France (-6 %). Ces écarts modestes ne signifient pas un accès difficile — la région réalise 3 % de toutes les tentatives françaises en 2023, en progression par rapport aux 2,3 % de 2021, et 3,5 % des enfants nés de la PMA, ce qui est légèrement supérieur à son poids démographique. Ce ratio favorable (plus d’enfants que de tentatives par rapport au national) s’explique par la spécialisation régionale dans des techniques à taux de réussite élevé.
Un indicateur technique distingue la région : la culture prolongée des embryons (jusqu’au stade blastocyste) est pratiquée dans 66 % des ponctions, contre 54,2 % en France — soit 12 points au-dessus de la moyenne. Cette pratique consiste à cultiver les embryons jusqu’au 5e–6e jour (blastocyste) plutôt que de les transférer dès le 2e–3e jour, ce qui améliore la sélection des embryons viables et peut augmenter les taux de naissance par transfert. Elle est un signe de modernité technique des centres régionaux. En revanche, l’ICSI (65 %) est légèrement en dessous de la moyenne nationale (68 %), ce qui indique que les centres ne sur-utilisent pas cette technique plus invasive.
Loi bioéthique 2021 : Centre-Val-de-Loire en première ligne
L’effet de la loi de bioéthique de 2021 est particulièrement visible en Centre-Val-de-Loire, notamment sur les inséminations avec sperme de donneur, qui ont connu une explosion sans précédent : 617 inséminations en 2020, 853 en 2021, 1 105 en 2022, 1 530 en 2023. En quatre ans, le volume d’inséminations régional a été multiplié par 2,5, essentiellement porté par les nouvelles bénéficiaires (femmes seules et couples de femmes). La région est désormais l’une des plus actives de France sur le don de sperme par habitant, ce qui suggère que les centres ont investi dans la capacité d’accueil de ces nouveaux parcours.
L’autoconservation non médicale des ovocytes progresse également, avec 60 nouvelles patientes en 2023 (contre 24 en 2022), soit une multiplication par 2,5 en un an. Deux centres sont autorisés : le CHRU de Tours et le CHRO d’Orléans. Le don d’ovocytes reste stable avec 41 ponctions de donneuses en 2023 (contre 53 en 2022) — une légère baisse à surveiller, compensée par une hausse des nouvelles receveuses acceptées (51 contre 36 en 2022).
Loi bioéthique 2021 — nouveaux bénéficiaires en Centre-Val-de-Loire
Inséminations totales (IIU toutes origines)
×2,5 en 4 ans — portée par le don de sperme.
Don d’ovocytes — donneuses vs receveuses acceptées
La demande (receveuses) dépasse désormais l’offre (donneuses) depuis 2023.
Profil des patientes : Centre-Val-de-Loire, légèrement plus jeune que la France
Les patientes prises en charge en FIV en Centre-Val-de-Loire présentent un profil légèrement plus jeune que la moyenne nationale. La part des moins de 30 ans est de 16 % (contre 15 % en France), la part des 40 ans et plus est de 15 % (contre 17 % en France). La tranche 30-34 ans est légèrement sur-représentée à 34 % (contre 32 % en France). L’absence d’une grande métropole régionale majeure comme Paris — dont les patientes plus âgées font remonter les statistiques nationales — explique en partie ce profil légèrement plus précoce. Par ailleurs, la forte part d’activité avec don de sperme (9,4 % des tentatives contre 5,7 % en France) contribue à rajeunir le profil des patientes, car les femmes seules recourant au don sont statistiquement plus jeunes que les patientes en FIV intraconjugale tardive.
Âge des patientes à la ponction ovocytaire
Centre-Val-de-Loire vs moyenne nationale — 2023
La forte activité de don de sperme (femmes seules, en moyenne plus jeunes) tire le profil régional vers des tranches d’âge plus basses.
Les embryons congelés : une situation saine, abandon faible
Au 31 décembre 2023, la région Centre-Val-de-Loire conserve 9 957 embryons congelés appartenant à 3 433 couples. Parmi eux, 81,7 % correspondent à un projet parental actif — légèrement au-dessus de la moyenne nationale (77,9 %). Surtout, le taux d’abandon de projet parental est de seulement 4,6 %, contre 7,8 % en France — un signe que les couples ayant des embryons en stock maintiennent un lien actif avec leur centre. Le taux de défaut de réponse (13,8 %) est légèrement inférieur à la moyenne nationale (14,4 %). Cette bonne gestion du suivi des embryons est cohérente avec la culture de centres qui accueillent de nombreuses patientes venues d’autres régions — il faut être rigoureux administrativement pour gérer ces dossiers complexes.
Avec seulement 4,6 % de couples ayant abandonné leur projet parental (vs 7,8 % en France), les centres de Centre-Val-de-Loire se distinguent par une fidélisation remarquable de leurs patients. Si vous avez des embryons congelés dans l’un des centres régionaux, répondez systématiquement aux courriers périodiques — ce suivi actif contribue à maintenir ces bons indicateurs et à optimiser la gestion de votre propre dossier.
Questions fréquentes sur la PMA en Centre-Val-de-Loire
Qu’est-ce que l’accueil d’embryons et où peut-on en bénéficier en Centre-Val-de-Loire ?
Des patientes d’autres régions peuvent-elles se faire soigner en Centre-Val-de-Loire pour le don de sperme ?
Quels centres proposent le don d’ovocytes en Centre-Val-de-Loire ?
Peut-on faire congeler ses ovocytes sans raison médicale en Centre-Val-de-Loire ?
Pourquoi n’y a-t-il aucun laboratoire de ville autorisé pour les inséminations en Centre-Val-de-Loire ?
Les patientes séropositives sont-elles prises en charge en Centre-Val-de-Loire ?
Combien d’enfants naissent chaque année de la PMA en Centre-Val-de-Loire ?
Sources
📚 Sources officielles
- Agence de la biomédecine. Centre-Val-de-Loire — Activité régionale d’assistance médicale à la procréation. Édition 2025, extraction des données avril 2025. → agence-biomedecine.fr
- Agence de la biomédecine. Rapport annuel médical et scientifique (RAMS) 2023. → rams.agence-biomedecine.fr
- Agence de la biomédecine. Évaluation des résultats des centres d’AMP. → agence-biomedecine.fr/Evaluations
Dernière mise à jour : avril 2025. Article mis à jour dès publication de nouvelles données officielles.



