PMA en Bretagne : centres, chiffres 2023 et don d’ovocytes

La PMA en Bretagne repose sur 5 centres clinico-biologiques autorisés qui prennent en charge chaque année plusieurs milliers de patientes venues de la région et, pour une bonne partie d’entre elles, de Normandie et des Pays de la Loire. Les données officielles de l’Agence de la biomédecine pour 2023, publiées en avril 2025, dressent un tableau précis de ce que la région fait bien — et de ce qu’elle ne propose pas encore.

Ce qui en ressort est parfois contre-intuitif. La Bretagne n’est pas la région la mieux dotée en centres ni la plus active en FIV standard. Mais elle occupe une place à part en France pour une activité précise : le don d’ovocytes. Avec plus du double de la moyenne nationale pour 10 000 femmes, elle attire des patientes de toute la façade atlantique et représente près de 10 % de l’activité nationale sur cette technique — alors qu’elle ne concentre que 4,7 % des femmes en âge de procréer.

Source de cet article
Les données proviennent des tableaux AMP0 à AMP13 du rapport régional Bretagne publié par l’Agence de la biomédecine (édition 2025, données 2023). Il s’agit de la source officielle la plus récente disponible sur l’activité AMP en France.

Chiffres clés de la PMA en Bretagne en 2023

Bretagne · AMP 2023 · Source Agence de la biomédecine

Don d’ovocytes
pour 10 000 femmes
4,5
+101 % vs France (2,24) ★
FIV
pour 10 000 femmes
53,2
Moyenne France : 54,5
Inséminations
pour 10 000 femmes
25,3
−38 % vs France (40,7)
Patientes soignées
hors région
5,3 %
Moy. nationale : 16,8 %

Don d’ovocytes · offre vs demande

Donneuses vs receveuses acceptées, 2021–2023

Donneuses Receveuses acceptées
2021
104/156
2022
78/183
2023
85/165

1 donneuse pour 1,9 receveuse acceptée. Déficit stable depuis 3 ans.

Bretagne vs France

Tentatives pour 10 000 femmes — valeur région / France

IIU
25,3 40,7
FIV
53,2 54,5
Don sperme
9,4 15,3
Don ov. ★
4,5 2,2

La barre violette dépasse la moyenne nationale : c’est la signature de la région.

5 centres autorisés en Bretagne, un maillage régional solide

La Bretagne dispose de 5 centres clinico-biologiques autorisés par l’ARS pour pratiquer la FIV en 2023 : deux à Brest, deux à Rennes, un à Lorient. Ce maillage couvre les principales agglomérations, ce qui explique en grande partie pourquoi seulement 5,3 % des patientes se font soigner hors de leur région — contre 16,8 % en moyenne nationale.

Ce résultat place la Bretagne parmi les régions françaises les plus autonomes pour la prise en charge PMA. Si vous habitez dans l’une de ces villes, vous avez statistiquement très peu de raisons de traverser la région pour votre suivi. En revanche, si vous êtes dans le Finistère sud, les Côtes-d’Armor rurales ou le Morbihan intérieur, les déplacements lors des phases de monitoring quotidien peuvent rester contraignants.

Centre Ville FIV Don ovocytes Don sperme Autoconserv. AMP viral
CHU Brest – Hôpital Morvan Brest Méd. + non méd.
CHRU Rennes – Hôpital Sud Rennes Méd. + non méd.
Clinique de la Sagesse Rennes Non médicale
Polyclinique Keraudren Brest Médicale
CH Bretagne Sud Lorient

Source : Tableau AMP2, rapport ABM Bretagne 2023. AMP viral = prise en charge des patients porteurs du VIH, VHB ou VHC.

⚠ L’accueil d’embryons n’est pas disponible en Bretagne
C’est la seule activité AMP entièrement absente de la région en 2023. Si vous êtes concernée — que vous souhaitiez donner vos embryons surnuméraires ou en recevoir —, vous devrez vous orienter vers un centre d’une autre région. Les plus proches disposant de cette autorisation se trouvent en Pays de la Loire et en Île-de-France.

Don d’ovocytes en Bretagne : une spécialité nationale

C’est le chiffre le plus saillant du rapport. Avec 4,5 tentatives de don d’ovocytes pour 10 000 femmes, la Bretagne dépasse de 101 % la moyenne nationale (2,24). Elle réalise à elle seule 9,4 % des tentatives françaises sur cette technique — une surreprésentation spectaculaire pour une région qui ne concentre que 4,7 % de la population féminine en âge de procréer.

Cette réputation attire des patientes de régions limitrophes. En 2023, parmi les femmes hospitalisées en Bretagne pour une ponction ovocytaire, 5,3 % venaient des Pays de la Loire et 4,2 % de Normandie. La Bretagne est l’une des rares régions de France métropolitaine dont les flux entrants (10,4 %) dépassent la moyenne nationale (8,4 %).

Mais le déficit donneuses/receveuses reste structurel

Malgré cette excellence relative, le déséquilibre entre l’offre et la demande est réel et stable depuis 2021. En 2023, la région a réalisé 85 ponctions de donneuses pour 165 nouvelles receveuses acceptées sur liste d’attente — soit une donneuse pour 1,9 receveuse. Ce n’est pas propre à la Bretagne : c’est le reflet d’une pénurie nationale de donneuses documentée par l’ABM depuis plusieurs années, qui pousse chaque année des milliers de couples français à se tourner vers l’Espagne.

Don d’ovocytes en Bretagne — bilan 2023

Ponctions de donneuses
85
Nouvelles receveuses acceptées
165
Receveuses ayant bénéficié d’un don
231
Ratio donneuse / receveuse
1/1,9

Évolution offre / demande 2021–2023

Donneuses (ponctions)   Receveuses acceptées

2021
104 / 156
2022
78 / 183
2023
85 / 165
💡 Vous attendez un don d’ovocytes en Bretagne ?
Ne tardez pas à vous inscrire. La liste d’attente est alimentée en continu, et plus tôt vous êtes acceptée, plus tôt vous bénéficierez d’un don. Renseignez-vous sur les délais actuels directement auprès du CHU de Brest (Hôpital Morvan) et du CHRU de Rennes (Hôpital Sud), qui concentrent l’essentiel de cette activité dans la région.

FIV et inséminations : où en est vraiment la Bretagne ?

Une FIV dans la moyenne nationale — des inséminations en retrait

Avec 53,2 tentatives de FIV pour 10 000 femmes, la Bretagne est pratiquement calée sur la moyenne nationale (54,5). Ce n’est pas le cas pour les inséminations intra-utérines : 25,3 tentatives pour 10 000 femmes contre 40,7 en France, soit 38 % en dessous de la moyenne. Une partie de cet écart s’explique par le fait que certains laboratoires de biologie médicale de proximité réalisent des préparations de sperme en vue d’insémination sans figurer dans les statistiques des centres clinico-biologiques.

Un point technique à connaître : la culture prolongée

Le rapport révèle une particularité biologique peu commentée : seulement 26 % des ponctions sont réalisées en culture prolongée jusqu’au stade blastocyste (J5) en Bretagne, contre 54 % en France. C’est un écart considérable qui reflète probablement des protocoles de laboratoire différents selon les centres.

ℹ Pourquoi la culture prolongée peut changer votre parcours
La culture jusqu’au stade blastocyste (J5) permet une meilleure sélection embryonnaire et améliore généralement les taux de réussite par transfert. Ce choix relève du protocole du laboratoire et de votre situation clinique. Si ce point vous tient à cœur, posez la question explicitement lors de votre première consultation.

Loi bioéthique 2021 : l’impact sur les chiffres bretons

Comme partout en France, les effets de la loi de bioéthique de 2021 — qui a ouvert la PMA à toutes les femmes et légalisé l’autoconservation non médicale des ovocytes — sont visibles dans les statistiques bretonnes, même si les évolutions sont plus progressives qu’en Île-de-France.

Effet loi bioéthique 2021 — évolutions en Bretagne

IIU avec sperme de donneur

+73 % entre 2020 et 2023

180
213
202
311
2020
2021
2022
2023

Autoconservation ovocytaire non médicale

×3,6 en un an (2022→2023)

77
274
2020
2021
2022
2023

Profil des patientes bretonnes : plus jeunes qu’à Paris

Contrairement à l’Île-de-France, où 61 % des patientes ont déjà plus de 35 ans au moment de la ponction ovocytaire, la Bretagne présente un profil d’âge pratiquement calqué sur la moyenne française. Seulement 17 % des femmes ont 40 ans ou plus — identique à la moyenne nationale — et 49 % ont moins de 35 ans contre 47 % en France. Cette prise en charge plus précoce reflète un accès aux soins relativement équilibré dans la région.

Âge des patientes à la ponction ovocytaire

Bretagne vs moyenne nationale — 2023

Bretagne France
< 30 ans
16 %15 %
30–34 ans
33 %32 %
35–37 ans
21 %22 %
38–39 ans
13 %14 %
≥ 40 ans
17 %17 %

À titre de comparaison, en Île-de-France, 61 % des patientes ont plus de 35 ans.

Les embryons congelés : une situation particulière en Bretagne

Le rapport ABM révèle une donnée moins commentée mais importante. Au 31 décembre 2023, 30,8 % des embryons conservés en Bretagne se trouvent dans une situation de « défaut de réponse ou désaccord du couple » — soit plus du double de la moyenne nationale (14,4 %). Par ailleurs, 11,3 % ont fait l’objet d’un abandon de projet parental, contre 7,8 % en France.

⚠ Vos embryons congelés ont besoin d’une réponse de votre part
Ces embryons en statut incertain pèsent sur les capacités de stockage des centres. Si vous avez des embryons congelés dont vous n’avez pas encore décidé le sort, répondez aux courriers que votre centre vous envoie périodiquement. Votre silence administratif bloque des ressources et peut compliquer la gestion de votre propre dossier.

Questions fréquentes sur la PMA en Bretagne

Quels centres proposent le don d’ovocytes en Bretagne ?

Trois centres bretons sont autorisés pour le don d’ovocytes en 2023 : le CHU de Brest (Hôpital Morvan), le CHRU de Rennes (Hôpital Sud) et la Clinique de la Sagesse à Rennes. Le CHU de Brest et le CHRU de Rennes proposent également le don de sperme. L’accueil d’embryons, en revanche, n’est pas disponible en Bretagne.

Combien de temps faut-il attendre pour un don d’ovocytes en Bretagne ?

En 2023, 165 nouvelles receveuses ont été acceptées en Bretagne pour 85 ponctions de donneuses réalisées dans l’année — soit une donneuse disponible pour 1,9 receveuse acceptée. Le rapport ABM ne précise pas les délais en mois, mais ce ratio indique une attente de plusieurs mois à plusieurs années selon les compatibilités. Pour connaître le délai actuel, contactez directement le secrétariat du CHU de Brest ou du CHRU de Rennes.

Une patiente normande peut-elle se faire suivre dans un centre breton ?

Oui. En 2023, 4,2 % des femmes hospitalisées en Bretagne pour une ponction ovocytaire résidaient en Normandie — un flux documenté par l’Agence de la biomédecine. Ce déplacement se justifie souvent par la réputation bretonne dans le don d’ovocytes. En revanche, pour un parcours intraconjugal standard, il est généralement plus pratique de rester dans sa région de résidence pour éviter les déplacements répétés lors du monitoring.

Peut-on faire congeler ses ovocytes sans raison médicale en Bretagne ?

Oui, depuis la loi de bioéthique de 2021. Deux centres bretons sont autorisés : le CHU de Brest et le CHRU de Rennes. En 2023, 274 patientes ont eu recours à cette conservation non médicale dans la région — un chiffre multiplié par 3,6 en un an. Cette procédure n’est pas remboursée par l’Assurance maladie en dehors d’une indication médicale.

Les patientes séropositives sont-elles prises en charge en Bretagne ?

Un seul centre est autorisé pour l’AMP en contexte viral (VIH, hépatite B et hépatite C) en Bretagne : le CHRU de Rennes, Hôpital Sud. En 2023, 0,9 % des tentatives bretonnes ont été réalisées en contexte VHB/VHC, ce qui correspond à la moyenne nationale (1 %). Aucune tentative en contexte VIH n’est déclarée dans la région pour cette année.

Pourquoi les inséminations sont-elles moins fréquentes en Bretagne qu’ailleurs ?

Les données ABM font apparaître 25,3 inséminations pour 10 000 femmes en Bretagne, contre 40,7 en moyenne nationale. Une partie de cet écart s’explique par le fait que certains laboratoires de biologie médicale de proximité réalisent ces actes sans être comptabilisés dans les statistiques des centres clinico-biologiques. Si votre médecin vous oriente vers une insémination, renseignez-vous auprès de votre gynécologue sur les laboratoires conventionnés proches de chez vous.

Combien d’enfants naissent chaque année de la PMA en Bretagne ?

En 2023, 1 208 enfants vivants sont nés de tentatives AMP réalisées en Bretagne, ce qui représente 4,4 % des naissances issues de la PMA en France — légèrement supérieur au poids démographique de la région (4,7 % des femmes). Ce résultat favorable s’explique en partie par la spécialité régionale en don d’ovocytes, qui génère statistiquement de meilleurs taux de naissance par tentative que la FIV intraconjugale standard.

Sources

📚 Sources officielles

  1. Agence de la biomédecine. Bretagne — Activité régionale d’assistance médicale à la procréation. Édition 2025, extraction des données avril 2025. → agence-biomedecine.fr
  2. Agence de la biomédecine. Rapport annuel médical et scientifique (RAMS) 2023. → rams.agence-biomedecine.fr
  3. Agence de la biomédecine. Évaluation des résultats des centres d’AMP. → agence-biomedecine.fr/Evaluations

Dernière mise à jour : avril 2025. Article mis à jour dès publication de nouvelles données officielles.