La PMA en Auvergne-Rhône-Alpes repose sur douze centres clinico-biologiques et six laboratoires de biologie médicale autorisés, qui prennent en charge chaque année plus de vingt mille tentatives. La région représente 12,2 % des femmes en âge de procréer en France — et elle assure elle-même 96,6 % de sa demande, sans recourir aux autres régions. Les données officielles de l’Agence de la biomédecine pour 2023, publiées en avril 2025, dessinent le portrait d’un système régional robuste, bien réparti entre Lyon, Grenoble, Saint-Étienne, Clermont-Ferrand et les Alpes.
Ce qui en ressort peut surprendre. Auvergne-Rhône-Alpes affiche des taux de FIV et d’insémination supérieurs à la moyenne nationale, des résultats en naissances proportionnels à son poids démographique, et un stock d’embryons congelés dans une situation administrative parmi les plus saines de France. Mais la région présente un angle mort : le don d’ovocytes, qui reste en dessous de la moyenne nationale (1,67 tentatives pour 10 000 femmes contre 2,24 en France) — un paradoxe pour une région qui dispose pourtant de trois centres autorisés pour cette activité.
Les données proviennent des tableaux AMP0 à AMP13 du rapport régional Auvergne-Rhône-Alpes publié par l’Agence de la biomédecine (édition 2025, données 2023). Il s’agit de la source officielle la plus récente disponible sur l’activité AMP en France.
Chiffres clés de la PMA en Auvergne-Rhône-Alpes en 2023
Auvergne-Rhône-Alpes · AMP 2023 · Source Agence de la biomédecine
pour 10 000 femmes
pour 10 000 femmes
pour 10 000 femmes
hors région
Don d’ovocytes · offre vs demande
Donneuses vs receveuses acceptées, 2021–2023
En 2023 : 1 donneuse pour 1,1 receveuse acceptée. Équilibre précaire.
Auvergne-Rhône-Alpes vs France
Tentatives pour 10 000 femmes — valeur région / France
FIV et IIU dépassent la moyenne. Don d’ovocytes : point de vigilance.
12 centres autorisés en Auvergne-Rhône-Alpes, un maillage parmi les plus denses de France
Auvergne-Rhône-Alpes dispose de douze centres clinico-biologiques autorisés par l’ARS pour pratiquer la FIV en 2023, auxquels s’ajoutent six laboratoires de biologie médicale habilités à la seule préparation du sperme en vue d’insémination. C’est l’un des réseaux régionaux les plus étoffés de France. L’axe Lyon-Grenoble concentre l’essentiel de l’activité, mais les pôles de Clermont-Ferrand et Saint-Étienne offrent une couverture à l’ensemble du territoire régional.
Cette densité explique en grande partie pourquoi seulement 3,4 % des patientes résidant en Auvergne-Rhône-Alpes vont se faire soigner dans une autre région — contre 18,6 % en moyenne nationale. Il s’agit de l’un des taux de flux sortants les plus bas de France métropolitaine. En pratique : si vous résidez dans les grandes agglomérations de la région, vous avez quasiment la garantie de pouvoir suivre l’intégralité de votre parcours PMA sans quitter votre département. L’Auvergne fait toutefois figure d’exception avec des centres moins nombreux et un profil de patientes légèrement plus âgé.
| Centre | Ville | FIV | Don ovocytes | Don sperme | Accueil embryons | Autoconserv. |
|---|---|---|---|---|---|---|
| CHU Estaing | Clermont-Ferrand | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ | Méd. + non méd. |
| Cérès Clinique La Châtaigneraie | Beaumont | ✓ | — | — | — | Méd. uniquement |
| Clinique Pasteur | Guilherand-Granges | ✓ | — | — | — | — |
| Hôpital Couple Enfant (CHU Grenoble) | La Tronche | ✓ | ✓ | ✓ | ✓ | Méd. + non méd. |
| Clinique Belledonne | Saint-Martin-d’Hères | ✓ | — | — | — | — |
| CHU Saint-Étienne Hôpital Nord | Saint-Priest-en-Jarez | ✓ | — | — | — | Méd. + non méd. |
| CH de Roanne | Roanne | ✓ | — | — | — | — |
| Hôpital Femme Mère Enfant (HCL) | Bron | ✓ | ✓ | ✓ | — | Méd. uniquement |
| Clinique du Val d’Ouest | Écully | ✓ | — | — | — | — |
| Clinique Natecia | Lyon 8e | ✓ | — | — | — | — |
| Médipole Hôpital Lyon | Villeurbanne | ✓ | — | — | — | — |
| CH Alpes Léman | Contamine-sur-Arve | ✓ | — | — | — | — |
Source : Tableau AMP2, rapport ABM 2025. 6 laboratoires habilités à la seule insémination (IA) ne figurent pas dans ce tableau.
Don d’ovocytes en Auvergne-Rhône-Alpes : une activité en dessous de son potentiel
La région Auvergne-Rhône-Alpes ne compte que trois centres autorisés pour le don d’ovocytes : le CHU Estaing à Clermont-Ferrand, l’Hôpital Couple Enfant à La Tronche (Grenoble) et l’Hôpital Femme Mère Enfant à Bron. En 2023, ces trois centres ont réalisé 86 ponctions de donneuses et accepté 96 nouvelles receveuses — soit un ratio de 1 donneuse pour 1,1 receveuse. C’est mieux que la plupart des régions françaises en valeur absolue, mais rapporté aux 1,4 million de femmes en âge de procréer de la région, le taux de 1,67 tentative pour 10 000 femmes reste inférieur de 25 % à la moyenne nationale (2,24).
Pour une région de cette taille — la deuxième de France par le poids démographique féminin —, cette sous-activité relative dans le don d’ovocytes est le principal point de fragilité du dispositif AMP régional. Trois centres sur douze proposent le don d’ovocytes, contre une proportion bien plus élevée dans des régions comme la Bretagne. L’Agence de la biomédecine le note explicitement dans ses objectifs nationaux : le développement du don d’ovocytes reste un enjeu prioritaire pour réduire le recours des patientes françaises à des parcours à l’étranger.
Don d’ovocytes : offre et demande en Auvergne-Rhône-Alpes
Ponctions de donneuses vs nouvelles receveuses acceptées, 2021–2023
En 2023, 110 receveuses ont bénéficié d’un don d’ovocytes dans la région. Le ratio offre/demande s’est amélioré entre 2021 et 2023.
FIV et inséminations : Auvergne-Rhône-Alpes au-dessus de la moyenne nationale
Sur les deux grandes techniques de PMA standard, la région Auvergne-Rhône-Alpes surpasse la moyenne nationale. Les fécondations in vitro atteignent 59,7 tentatives pour 10 000 femmes, contre 54,5 en France, soit un écart de +10 %. Les inséminations intra-utérines affichent 44,4 tentatives pour 10 000 femmes, contre 40,7 au niveau national (+9 %). En valeur absolue, les centres de la région ont réalisé 13 % des tentatives françaises d’AMP et ont permis la naissance de 3 513 enfants vivants en 2023, soit 12,8 % des enfants issus de la PMA en France — légèrement supérieur au poids démographique de la région (12,2 %).
Un élément technique mérite l’attention : le recours à l’ICSI (injection intracytoplasmique) représente 73,7 % des ponctions dans la région, contre 67,6 % en France. Cette proportion élevée signifie que les biologistes régionaux sélectionnent davantage la micro-injection du spermatozoïde dans l’ovocyte — une technique plus complexe, justifiée lorsque la qualité du sperme est limitée ou que les cycles précédents en FIV standard ont échoué. Elle reflète à la fois un niveau technique élevé des centres et un profil de patientes pour lesquelles les traitements de première ligne ont souvent déjà été tentés. À noter : aucune tentative en contexte VIH n’est déclarée dans la région en 2023, et seulement 0,7 % des tentatives sont réalisées en contexte VHB/VHC (contre 1,0 % en France).
Auvergne-Rhône-Alpes vs France — tentatives pour 10 000 femmes (2023)
Toutes origines de gamètes confondues
★ Valeurs régionales supérieures à la moyenne nationale. Les barres du haut représentent Auvergne-Rhône-Alpes, les barres du bas la moyenne France.
Loi bioéthique 2021 : le don de sperme en forte croissance
L’ouverture de la PMA à toutes les femmes par la loi de bioéthique de 2021 a produit un effet spectaculaire sur le don de sperme en Auvergne-Rhône-Alpes. Le nombre de couples et femmes seules ayant effectué au moins une tentative avec sperme de donneur est passé de 101 en 2021 à 289 en 2022, puis à 585 en 2023 — soit une multiplication par 5,8 en deux ans. La région représente désormais 7,7 % de la demande nationale de don de sperme, pour 12,2 % de la population féminine concernée, ce qui suggère que le réseau régional n’a pas encore absorbé l’intégralité de la nouvelle demande.
Sur l’autoconservation non médicale des ovocytes — second apport majeur de la loi de 2021 — la dynamique régionale est différente. Après 256 nouvelles conservations en 2022 (première année d’autorisation), la région n’enregistre que 117 nouvelles patientes en 2023, soit une baisse de 54 %. Ce mouvement contraire à la tendance nationale peut s’expliquer par un effet de saturation de la première vague de demandeuses, par des délais d’accès qui freinent les deuxièmes consultations, ou par des facteurs de reporting spécifiques. Seuls trois centres régionaux sont actuellement autorisés pour cette activité.
Loi bioéthique 2021 — nouveaux bénéficiaires en Auvergne-Rhône-Alpes
Don de sperme — couples/femmes receveurs
×5,8 en deux ans
Autoconservation non médicale d’ovocytes
Baisse de 54 % entre 2022 et 2023.
Profil des patientes : Auvergne-Rhône-Alpes dans la moyenne nationale
La répartition par âge des patientes en Auvergne-Rhône-Alpes colle remarquablement à la moyenne française : 14,3 % ont moins de 30 ans (14,9 % en France), 31,9 % appartiennent à la tranche 30-34 ans (31,6 % en France), et 17,5 % ont 40 ans ou plus (17,1 % en France). Il n’y a pas d’effet métropole marqué comme en Île-de-France, où 61 % des patientes ont plus de 35 ans. La région prend en charge ses patientes dans un profil d’âge équilibré et représentatif de la demande nationale. L’Auvergne fait toutefois exception : 20,4 % des patientes y ont 40 ans ou plus, contre 17,0 % en Rhône-Alpes, ce qui reflète un accès aux soins plus tardif dans les zones moins urbanisées.
Âge des patientes à la ponction ovocytaire
Auvergne-Rhône-Alpes vs moyenne nationale — 2023
En Auvergne seule, la part des ≥40 ans monte à 20,4 % — signe d’un accès aux soins plus tardif dans les zones rurales.
Les embryons congelés : une situation administrative exemplaire en Auvergne-Rhône-Alpes
Au 31 décembre 2023, la région Auvergne-Rhône-Alpes conserve 35 517 embryons congelés appartenant à 12 159 couples. Ce qui distingue la région du reste de la France, c’est la qualité du suivi administratif de ces embryons. Parmi eux, 89,2 % correspondent à un projet parental actif — contre seulement 77,9 % au niveau national. Le taux d’embryons en situation de « défaut de réponse ou désaccord du couple » est de 5,0 %, contre 14,4 % en France. Le taux d’abandon de projet parental est de 5,8 %, contre 7,8 % nationalement. Ces chiffres indiquent que les centres de la région maintiennent un suivi régulier et efficace des couples, et que ceux-ci répondent aux courriers périodiques de leurs établissements.
Avec 89,2 % d’embryons en projet parental actif (contre 77,9 % en France), la région est l’une des meilleures performances nationales sur cet indicateur. Si vous avez des embryons congelés dans un centre régional, pensez à répondre systématiquement aux courriers annuels de votre centre — votre retour permet au personnel médical de maintenir votre dossier actif et d’optimiser la gestion des ressources de conservation.
Questions fréquentes sur la PMA en Auvergne-Rhône-Alpes
Quels centres proposent le don d’ovocytes en Auvergne-Rhône-Alpes ?
Pourquoi l’Auvergne-Rhône-Alpes est-elle en dessous de la moyenne nationale pour le don d’ovocytes ?
Des patientes de régions voisines viennent-elles se faire soigner en Auvergne-Rhône-Alpes ?
Peut-on faire congeler ses ovocytes sans raison médicale en Auvergne-Rhône-Alpes ?
Quelle est la différence entre les centres d’Auvergne et ceux de Rhône-Alpes ?
Les patientes séropositives sont-elles prises en charge en Auvergne-Rhône-Alpes ?
Combien d’enfants naissent chaque année de la PMA en Auvergne-Rhône-Alpes ?
Sources
📚 Sources officielles
- Agence de la biomédecine. Auvergne-Rhône-Alpes — Activité régionale d’assistance médicale à la procréation. Édition 2025, extraction des données avril 2025. → agence-biomedecine.fr
- Agence de la biomédecine. Rapport annuel médical et scientifique (RAMS) 2023. → rams.agence-biomedecine.fr
- Agence de la biomédecine. Évaluation des résultats des centres d’AMP. → agence-biomedecine.fr/Evaluations
Dernière mise à jour : avril 2025. Article mis à jour dès publication de nouvelles données officielles.



