Le don d’ovocytes en France : conditions, procédure et délais (2026)

18–37
Tranche d’âge pour devenir donneuse en France (ans révolus)
22 mois
Délai d’attente moyen pour recevoir un don d’ovocytes en France (ABM 2025)
Gratuit
Le don d’ovocytes est bénévole — frais remboursés à la donneuse
18 ans
Âge auquel un enfant issu du don peut accéder aux origines (depuis sept. 2022)
Le don d’ovocytes en France

Le don d’ovocytes en France permet à des femmes dont les ovocytes sont absents, insuffisants ou de mauvaise qualité, de concevoir un enfant grâce aux ovocytes d’une donneuse bénévole. En France, ce don suit trois principes fondamentaux fixés par la loi de bioéthique : gratuité, volontariat et, depuis septembre 2022, accès aux origines possible à la majorité de l’enfant. Toutefois, les délais d’attente atteignent en moyenne 22 mois en 2025, ce qui pousse de nombreuses receveuses à se tourner vers l’Espagne ou la Grèce, où l’attente se compte en semaines.

Pourquoi recourir au don d’ovocytes en France ?

Le don d’ovocytes en France concerne plusieurs situations médicales précises. En premier lieu, il répond à une insuffisance ovarienne prématurée (IOP) ou à une ménopause précoce. Par ailleurs, les femmes dont les ovocytes sont de mauvaise qualité — en raison de l’âge ou d’une pathologie — en bénéficient également. De même, celles qui risquent de transmettre une maladie génétique grave à leur enfant, ainsi que les patientes ayant vécu des échecs répétés de FIV avec leurs propres ovocytes, peuvent y recourir. Depuis la loi de bioéthique de 2021, toutes les femmes — seules, en couple hétérosexuel ou en couple de femmes — y ont accès sous les mêmes conditions médicales.

Indication médicale obligatoire pour le don d’ovocytes en France
Ainsi, les femmes concernées sont celles qui présentent une absence d’ovocytes (ménopause précoce, IOP), une mauvaise qualité ovocytaire liée à l’âge ou à une pathologie, un risque de transmission d’une maladie génétique grave, ou des échecs répétés de FIV avec leurs propres ovocytes.
Femme de moins de 43 ans pour le remboursement SS
La Sécurité Sociale prend en charge le don d’ovocytes en France pour les femmes de moins de 43 ans. Au-delà, une FIV-DO à l’étranger peut être envisagée (Espagne : jusqu’à 50 ans).
Depuis 2021 : toutes les femmes sont éligibles
La loi de bioéthique de 2021 a ouvert le don d’ovocytes aux femmes seules et aux couples de femmes, dans les mêmes conditions médicales. En conséquence, le sperme peut provenir du partenaire ou d’un donneur (double don).
⚠️ Bilan médical préalable complet obligatoire
La receveuse doit réaliser un bilan d’entrée complet : sérologies (VIH, hépatites, syphilis, rubéole), bilan hormonal, hystéroscopie ou HSG et entretien psychologique avec un professionnel de l’équipe AMP.

Conditions pour devenir donneuse d’ovocytes

Le don d’ovocytes en France repose sur le volontariat et la gratuité. Ainsi, toute femme répondant aux critères médicaux peut se porter candidate auprès d’un centre AMP agréé. En contrepartie, la Sécurité Sociale prend en charge l’intégralité de ses frais — médicaux comme non médicaux (transport, hébergement, garde d’enfants). Aucune rémunération n’est versée.

📅
Avoir entre 18 et 37 ans inclus
La donneuse doit avoir 18 ans révolus et moins de 38 ans au moment du don. Les mineures émancipées ne peuvent pas donner. Par ailleurs, il n’est plus nécessaire d’avoir déjà eu un enfant depuis la loi de 2004.
🎯
Être en bonne santé
Un bilan médical préalable obligatoire vérifie l’absence de contre-indication : examen clinique, bilan sanguin complet (hormonal, infectieux), bilan génétique et échographie pelvienne. Ainsi, le médecin s’assure que le don ne représente aucun risque pour la donneuse.
🕒
Disponibilité requise (~3 à 4 semaines)
La donneuse doit pouvoir consacrer environ 3 à 4 semaines au processus : consultations, injections quotidiennes à domicile (~10 jours), monitorages biologiques et échographiques, puis la ponction elle-même (demi-journée). En pratique, ce rythme est compatible avec une activité professionnelle normale.
📋
Consentement libre, éclairé et révocable
La donneuse signe un formulaire de consentement après avoir reçu une information complète. Elle peut révoquer son accord à tout moment, jusqu’à l’utilisation effective des ovocytes. Depuis septembre 2022, le consentement du conjoint n’est plus exigé.

Procédure du don d’ovocytes en France : parcours donneuse et receveuse

Concrètement, le don d’ovocytes en France implique deux parcours parallèles, coordonnés par le centre AMP. D’un côté, la donneuse suit un protocole de stimulation ovarienne identique à celui d’une FIV. De l’autre, la receveuse prépare son endomètre pour accueillir l’embryon. Les deux cycles sont ensuite synchronisés par l’équipe médicale du centre agréé.

Procédure du don d’ovocytes en France — côté donneuse et côté receveuse
Les deux parcours avancent en parallèle, coordonnés par le centre AMP agréé.
🌸 Parcours de la donneuse
1
Première consultation — entretien médical, information, consentement éclairéJ1
2
Bilan médical complet — hormonal, infectieux, génétique, écho pelvienne
3
Stimulation ovarienne — injections FSH quotidiennes ~10 jours + monitorages
4
Déclenchement — injection HCG 36h avant la ponction
5
Ponction ovocytaire — anesthésie légère, ~20 min, ambulatoireJ14
6
Consultation de suivi — 1 à 2 semaines après le don
🤱 Parcours de la receveuse
1
Inscription sur liste d’attente — bilan médical, sérologies, consentementM0
2
Attente d’une donneuse compatible — délai moyen 22 mois (ABM 2025)
3
Préparation de l’endomètre — estradiol + progestérone pour optimiser la réceptivité
4
Synchronisation des cycles — le cycle de la receveuse est calé sur celui de la donneuse
5
Transfert embryonnaire — embryon(s) issu(s) du don d’ovocytes en France, fécondés avec le sperme du partenaire ou d’un donneurJ14+
6
Test de grossesse bêta-hCG — J+14 après transfert
Tous les frais de la donneuse sont intégralement pris en charge par l’Assurance Maladie : bilans, médicaments, ponction et suivi post-don, mais aussi les frais non médicaux (transport, hébergement, garde d’enfants). Aucune rémunération n’est versée — le don reste gratuit et bénévole.
Sources : dondovocytes.fr (ABM) · service-public.fr · ameli.fr

Risques pour la donneuse d’ovocytes

Le don d’ovocytes implique une stimulation ovarienne et une ponction — deux étapes qui comportent des risques réels, bien que généralement limités. Le centre AMP a l’obligation d’informer la donneuse de façon exhaustive avant de recueillir son consentement.

Syndrome d’hyperstimulation ovarienne (SHO) — risque principal
C’est le risque le plus sérieux lié au don d’ovocytes en France. Il survient quand les ovaires répondent de façon excessive à la stimulation. Les formes légères à modérées (ballonnements, douleurs pelviennes) se résolvent spontanément. En revanche, les formes sévères, rares (moins de 1 % des cas), nécessitent une hospitalisation. Les centres adaptent systématiquement les doses de FSH au profil de chaque donneuse pour minimiser ce risque.
Risques liés à la ponction ovocytaire
La ponction, réalisée sous guidage échographique et anesthésie légère, présente des risques rares : saignements (moins de 1 %), infection pelvienne (risque minimal grâce à l’antibioprophylaxie) et lésion d’un organe adjacent (exceptionnel). L’acte dure 10 à 20 minutes et la donneuse repart le jour même.
✓ Pas d’impact sur la fertilité future de la donneuse
Contrairement à une idée reçue, le don d’ovocytes en France ne diminue pas le capital ovarien de la donneuse. En effet, la stimulation récupère des follicules qui auraient naturellement involutés dans le cycle — la réserve ovarienne ne s’en trouve donc pas significativement réduite.

Délais du don d’ovocytes en France — chiffres ABM 2025

Le don d’ovocytes en France souffre d’une pénurie structurelle de donneuses. Selon les données publiées par l’Agence de la Biomédecine le 14 avril 2026, la situation reste très tendue : plus de 2 700 personnes attendaient un don au 31 décembre 2025, pour seulement 1 050 femmes candidates. En comparaison, le délai moyen en Espagne est de quelques semaines — ce qui explique en grande partie l’essor du tourisme médical en fertilité.

Don d’ovocytes en France — chiffres clés ABM 2025
Données Agence de la Biomédecine — publication 14 avril 2026 (activité 2025)
2 700+
Personnes en attente d’un don d’ovocytes au 31/12/2025
1 050
Femmes candidates au don d’ovocytes fin 2025
22 mois
Délai d’attente moyen pour une receveuse en France (2025)
7 150
Consultations don d’ovocytes réalisées en 2025 (−11 % vs 2024)
Profil des receveuses (source ABM)
Femmes non mariées
Célibataires
45 %
Couples de femmes
Couples ♀♀
38 %
Couples hétérosexuels
Hétéro
17 %
⚠️ La pénurie de donneuses pour le don d’ovocytes en France est structurelle. Ainsi, de nombreuses receveuses se tournent vers l’Espagne ou la Grèce, où l’attente se compte en semaines. En France, le don est gratuit et bénévole — contrairement à l’Espagne (~900 € de compensation), ce qui explique en grande partie l’écart de délais.
Sources : Agence de la Biomédecine — publication 14 avril 2026 · dondovocytes.fr · ameli.fr

Anonymat et accès aux origines pour le don d’ovocytes en France

Jusqu’en 2022, le don d’ovocytes en France était entièrement anonyme dans les deux sens. La loi de bioéthique de 2021, entrée en vigueur le 1er septembre 2022, a profondément modifié ce cadre. Désormais, les enfants nés d’un don peuvent, à leur majorité, accéder à deux catégories de données : des informations non identifiantes (âge, caractéristiques physiques, situation de la donneuse au moment du don) et, s’ils le souhaitent, à l’identité complète de la donneuse.

Cette évolution a eu un impact direct sur le nombre de candidates. En effet, certaines femmes qui auraient accepté un don strictement anonyme ne souhaitent pas que leur identité soit ultérieurement révélée à l’enfant. La Commission d’Accès aux personnes nées d’une AMP avec tiers donneur (CAPADD), placée auprès du Ministère de la Santé, gère ces demandes depuis 2022.

Ce que la loi de bioéthique 2021 a changé pour le don d’ovocytes en France

✓ Ouverture aux femmes seules et couples ♀♀
Désormais, le don d’ovocytes en France est accessible à toutes les femmes, quel que soit leur statut conjugal — dans les mêmes conditions médicales qu’avant.
✓ Consentement du conjoint supprimé
Depuis le 1er septembre 2022, la donneuse n’a plus besoin de l’accord de son conjoint ou partenaire pour donner ses gamètes.
✓ Accès aux origines à 18 ans
Ainsi, les enfants nés d’un don peuvent demander l’accès aux données non identifiantes et à l’identité de la donneuse à leur majorité — si elle a consenti à cette transmission.
✓ Double don désormais autorisé
Le double don (ovocytes + sperme simultanément) est autorisé pour les femmes seules et couples ♀♀ qui ne disposent ni d’ovocytes ni de sperme conjugal utilisable.

Questions fréquentes sur le don d’ovocytes en France

Faut-il avoir déjà eu des enfants pour faire un don d’ovocytes en France ?

Non. Depuis la loi de bioéthique de 2004, il n’est plus nécessaire d’avoir eu un enfant pour devenir donneuse d’ovocytes en France. Toute femme de 18 à 37 ans inclus, en bonne santé et sans contre-indication médicale, peut se porter candidate — qu’elle ait ou non déjà des enfants.

Combien de fois peut-on donner ses ovocytes en France ?

La législation française ne fixe pas de limite formelle au nombre de dons. Toutefois, les centres appliquent des recommandations internes (généralement 3 à 6 tentatives maximum) afin de préserver la santé de la donneuse et d’éviter qu’un trop grand nombre d’enfants soient issus d’une même donneuse.

Le don d’ovocytes est-il compatible avec une activité professionnelle ?

Oui, dans la grande majorité des cas. La phase de stimulation nécessite des prises de sang et échographies matinales, compatibles avec le travail. Les injections, réalisées à domicile le soir, n’interrompent pas l’activité quotidienne. Pour la ponction ovocytaire, un arrêt de travail de 24 à 48 heures est généralement délivré. Au total, le parcours de don d’ovocytes en France dure 3 à 4 semaines du premier jour de stimulation à la consultation post-don.

L’enfant né d’un don d’ovocytes peut-il connaître l’identité de la donneuse ?

Depuis le 1er septembre 2022, oui — à sa majorité, s’il en fait la demande. Concrètement, l’enfant peut accéder à des données non identifiantes (âge, caractéristiques physiques, situation familiale de la donneuse) et, s’il le souhaite, à son identité complète. La donneuse doit néanmoins avoir expressément consenti à cette transmission au moment du don. Les dons réalisés avant le 1er septembre 2022 restaient soumis à l’anonymat complet.

Pourquoi les délais du don d’ovocytes en France sont-ils si longs ?

Plusieurs facteurs se combinent. D’abord, l’ouverture du don à toutes les femmes en 2021 a fortement augmenté la demande sans que l’offre suive. Ensuite, le don d’ovocytes en France étant strictement gratuit et bénévole — contrairement à l’Espagne où une compensation financière (~900 €) est versée — le nombre de candidates reste limité. Enfin, depuis 2022, les donneuses doivent accepter que les enfants nés du don accèdent à leur identité à 18 ans, ce qui a découragé une partie des candidates. En 2025, seulement 1 050 femmes étaient candidates pour plus de 2 700 personnes en attente.

Sources

📚 Sources et références

  1. Agence de la Biomédecine (14 avril 2026). Résultats d’activité nationale en AMP 2025. → agence-biomedecine.fr
  2. Dondovocytes.fr. Les conditions du don d’ovocytes en France. → dondovocytes.fr
  3. Service-public.fr (mis à jour mars 2025). Don d’ovules (ovocytes). → service-public.fr
  4. Ameli.fr. Don d’ovocytes, de spermatozoïdes et d’embryons. → ameli.fr
  5. Loi n° 2021-1017 du 2 août 2021 relative à la bioéthique. → legifrance.gouv.fr