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(d'après F.Arnal : "200 questions 200 réponses")
Y a-t-il des échecs de fécondation in vitro ?
Oui. Et ils sont nombreux, puisque, tous cas confondus, seulement 60 % environ des ovocytes sont fécondés. Ce pourcentage définit ce qu'on appelle le taux de fécondation.
Quelles sont les causes des échecs de fécondation ?
Il peut y avoir trois types de causes, isolées ou intriquées : l'état des ovocytes, la qualité du sperme, et des problèmes techniques.
Comment intervient la qualité des ovocytes dans les échecs de fécondation ?
En règle générale, on peut dire qu'un ovocyte tout à fait mature est fécondé ; un ovocyte incomplètement mature a moins de chances de débuter une fécondation et, s'il la débute, il a moins de chances de la terminer ; un ovocyte totalement immature a très peu de chances de débuter une fécondation et il ne la finit pas.
Les ovocytes ‘ surmatures » ou vieillis, in vivo ou in vitro, sont aussi moins fécondables, mais ce cas de figure est moins fréquent. Les ovocytes ‘ attiques », c'est-à-dire ayant commencé un processus de dégénérescence avant la ponction ne sont pas fécondés.
Les ovocytes provenant d'ovaires endométriosiques sont moins fécondables.
Comment intervient la qualité du sperme ?
En FIV classique, la diminution de la qualité du sperme entraîne une diminution du taux de fécondation. Ainsi, toutes tentatives confondues (donc avec des ovocytes de maturité diverse), le taux de fécondation est de 66 % avec un sperme de bonne qualité et il décroît jusqu'à 0 % avec un sperme de très mauvaise qualité. En effet, le nombre de spermatozoïdes fécondants diminue à mesure que la qualité du sperme s'abaisse.
En ICSI, la qualité du sperme ne joue en principe pas, la fécondance étant court-circuitée par la technique elle-même. Cependant, les résultats semblent moins bons avec des spermatozoïdes immobiles.
Quels sont les problèmes techniques responsables d’échecs de la fécondation ?
En pratique, trois problèmes peuvent survenir.
Le milieu de culture peut être infesté par une contamination bactérienne ; dans l'immense majorité des cas, celle-ci est causée par des bactéries présentes dans le sperme ; ceci touche moins de 1 % des tentatives.
Des ovocytes peuvent être perdus ou endommagés par suite d'une déchirure de la zone pellucide, elle-même le plus souvent consécutive à des problèmes techniques de ponction (variations brutales de pression) ; ceci touche environ 1 % des ovocytes.
En ICSI, la piqûre peut parfois endommager l'ovocyte ; ceci ne devrait toucher également que 2 % des ovocytes.
Y a-t-il des cas d’échecs de la fécondation inexpliqués ?
Oui. En FIV classique, il arrive que, tout paraissant normal, il n'y ait jamais de fécondation. La tentative suivante sera donc faite par ICSI, en faisant l'hypothèse que l'on se trouve en présence d'une pathologie des enveloppes ou de la membrane ovocytaires ou d'un sperme non fécondant pour des raisons ignorées.
En ICSI, une bonne partie de ces cas réussissent, mais il existe néanmoins encore des échecs, qui amèneront à abandonner.
Le taux de fécondation est-il toujours le même ( de 50% )
Non. Ce taux est une valeur moyenne. Mais, bien entendu, par combinaison des paramètres précédents, il varie énormément (de 0 à100 %) d'une tentative à l'autre. Au total, comme il y a presque toujours plusieurs ovocytes par tentative, il y a fécondation d'au moins un ovocyte dans environ 85 % des tentatives.
Le taux de fécondation varie-t-il en fonction des caractéristiques individuelles ?
Il ne varie que très peu avec les indications : il est maximum dans les stérilités tubaires, où il atteint 66 % ; il est plus faible dans ies infécondités inexpliquées ou lorsqu'il y a une endométriose pour lesquels il est de 55 %. Il est aussi du même ordre dans les indications masculines, à condition que l'on procède par ICSI (sinon il est bien plus faible en FIV classique et peut même alors devenir nul avec les spermes les plus médiocres).
Il ne varie que très peu en fonction de l'âge féminin (ni de l'âge masculin).
Pour un couple donné, d'une tentative à l'autre, le taux de fécondation peut bien sûr varier sensiblement, tant est variable la maturité du lot d'ovocytes.
Le taux de fécondation varie-t-il en fonction du type de stimulation ?
Non. Il est statistiquement le même avec les divers types de protocole de stimulation.
Le traitement préalable par les agonistes de la GnRH ne le modifie pas non plus.
Le taux de fécondation varie-t-il avec le taux de recueil ?
Non. Il est statistiquement le même quelle que soit l'importance du lot d'ovocytes.
Le taux de fécondation varie-t-il avec nombre d’ovocytes recueillis ?
Oui. Il varie beaucoup avec le taux de recueil, c'est-à-dire le nombre d'ovocytes recueillis par follicule : tant qu'il n'est pas égal à 1 (1ovocyte par gros follicule), les chances de fécondation sont réduites, car on a alors moins de chances d'avoir le ou les quelques ovocytes matures. Il ne varie pas pour les valeurs supérieures à 1.
Le taux de fécondation, est-il corrélé avec le taux d'estrogènes (estradiol) ou le nombre de follicules de grande taille ?
Non. Il reste le même dès lors que le taux d'estrogènes (ou d'estradiol) plasmatique est au moins égal à 800 pg/ml le jour du déclenchement ; et il reste aussi le même quel que soit le nombre de follicules (ce qui correspond d'ailleurs au nombre d'ovocytes).
Mais il varie en fonction de la courbe de progression de l'estradiol ou des follicules : plus elle est lente et plus le taux de fécondation est faible. Il en est de même si le déclenchement est trop précoce ou trop tardif. Ceci est à rapporter à la qualité des ovocytes.
Y a-t-il des fécondations anormales ?
Oui. En FIV classique, un peu moins de 10 % des ufs portent des anomalies, qui sont essentiellement des polyspermies : fusion de plusieurs spermatozoïdes avec un ovocyte. Ceci est le plus souvent dû à un défaut de maturité ovocytaire, car il existe dans l'ovocyte mature des mécanismes de régulation empêchant la fusion d'un deuxième spermatozoïde. Plus rarement, le nombre de spermatozoïdes mis en présence d'un ovocyte est trop élevé, débordant ainsi les mécanismes de régulation. En ICSI, il y a quelques fausses fécondations : formation d'un uf sans intervention d'un spermatozoïde (parthénogenèse) due à la piqûre elle-même. On en trouve cependant aussi, en moindre quantité, en FIV classique.
Peut-on repérer ces, anomalies ?
On pourrait théoriquement le faire en observant la phase où sont apparents dans l’?uf les pro-noyaux venant du spermatozoïde et de l'ovocyte : en cas de polyspermie, il y en a 3 et même davantage et dans la parthénogenèse, il n'y en a qu'un.
Mais cet examen n'est pas toujours fiable, car les pro-noyaux peuvent ne pas apparaître simultanément. Et en outre, cette phase n'arrive pas à heure fixe et il est donc quasi-impossible en pratique de faire ce diagnostic sur tous les oeufs.
Quel est le devenir de ces oeufs anormaux ?
Ils peuvent donner des embryons d'apparence typique ou non, qui poursuivront leur évolution pendant un temps plus ou moins long. Mais de toute façon, leur développement s'arrêtera spontanément.
Ces anomalies sont-elles plus nombreuses qu’en reproduction spontanée ?
Très probablement, car la stimulation produit beaucoup plus d'ovocytes immatures que l'ovulation spontanée. Il est probable aussi que le taux de fécondations anormales in vitro soit sous-estimé.
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